Quand le Maroc était complice de la Libye dans l’élimination de l’opposant Omar el Mehechi

Dans le n°2538 du 30/8/2009 de Jeune Afrique, un article fort intéressant – « Ils étaient douze, il n’en reste plus qu’un » – détaille le sort des douze membres du Conseil de commandement de la révolution (CCR) libyenne qui avait saisi le pouvoir le 1er septembre 1969. Outre Kadhafi, seuls trois membres exercent encore des fonctions officielles (les généraux Mustapha Kharroubi, Khouildi Hamidi et Aboubakr Younes Jabr). Mohamed Nejm et Mokhtar el Guerwi ont démissionné en 1972 et sont morts de mort naturelle depuis. Le fameux Abdeslam Jalloud, ex-dauphin de Kadhafi, est en disgrâce depuis 1993. Un autre, Abdelmonem el Houni, ex-dissident, s’est rabiboché avec le Guide suprême et est désormais ambassadeur libyen auprès de la Ligue arabe. Quatre sont morts ou ont disparu dans des conditions suspectes: Béchir Hawadi, Awadh Hamza, M’hamed el Megharief et Omar el Mehechi.

Ce dernier fût la victime d’un enlèvement par la Libye, avec la complicité active et particulièrement perfide du Maroc, et ce en 1983, avant le spectaculaire rapprochement maroco-libyen consacré par l’éphémère union de 1984. Voici ce qu’en dit Jeune Afrique (l’article n’est pas en ligne):

Omar el Mehechi a connu un sort plus tragique. Il a été exécuté en janvier 1984. A la mi-août 1975, suite à l’ébruitement d’une conspiration présumée avec deux autres membres du CCR, Béchir Hawadi et Awadh Hamza, et des « officiers libres », pour la plupart originaires comme lui de Mesrata, la troisième ville du pays, Mehechi s’enfuit en Tunisie. Bourguiba refuse de le livrer malgré l’insistance de Kaddafi. mais au bout de six mois, il part s’installer en Egypte, puis plus tard au Maroc. El Mehechi est condamné à mort par contumace par un tribunal militaire libyen avec vingt et un jeunes officiers, tous fusillés. A la fin de 1983, le Maroc le livre au « Guide »: un avion royal le transportant en Arabie saoudite pour le pèlerinage atterrit fort opportunément dans un aéroport libyen. En retour, Kaddafi cesse son soutien en armes et en argent au Polisario. Hawadi et Hamza ont purgé plusieurs années de prison, avant de décéder dans des conditions suspectes.

Ce modus operandi rappelle vaguement l’enlèvement de Hocine Manouzi en Tunisie le 29 octobre 1972 (soit 7 ans jour pour jour après l’enlèvement de Mehdi Ben Barka):

En 1972, ses activités clandestines le mènent à Tunis. L’un de ses amis marocains, rencontré en Libye, est un policier déguisé en opposant politique. C’est lui qui « vend » Houcine aux autorités marocaines. Étrangement, c’est le 29 octobre 1972, jour du 7e anniversaire de l’enlèvement de Ben Barka, que Houcine Manouzi sera à son tour enlevé à Tunis. Drogué et « saucissonné », Houcine est plongé dans le coffre d’une voiture diplomatique marocaine et convoyé par voie terrestre de Tunis jusqu’à Rabat, avec l’aide des réseaux de contrebande communs à l’Algérie et au Maroc.

Qui a dit que la fraternité maghrébine n’existait pas?

Les crimes passionnels mieux acceptés par l’opinion générale française que par les musulmans français

C’est pas moi qui le dit, mais la zaouia islamo-gauchiste étatsunienne Gallup:

S’agissant des soi-disants crimes d’honneur (terme qui désigne le fait pour une personne d’origine musulmane de tuer sa femme ou sa fille pour des raisons liées à la vie sexuelle ou sentimentale de cette dernière – quand les mêmes faits sont commis par un Slovène ou un Finlandais d’origine luthérienne ou taoïste, il s’agit de crime passionnel), les différences sont tout aussi négligeables, et pas loin de la marge d’erreur propres aux sondages:

Et sur la peine de mort, dans chacun des pays européens interrogés par Gallup – Allemagne, Royaume-Uni et France – les musulmans interrogés sont moins nombreux que le reste de leurs concitoyens à considérer la peine de mort comme moralement acceptable:

Sans commentaire!

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