Quand les islamophobes s’entretuent, il ne faut surtout pas les déranger

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Je suis tombé sur un excellent blog, « Gates of Vienna Vs. The World Vs. LGF – An Ongoing Blogging Soap Opera » (GOVVS), consacré aux hilarantes guerres sectaires entre bloggeurs islamophobes, dont les plus connus sont les blogs Gates of Vienna (qui trouve son nom de la bataille de Vienne lors de laquelle fût stoppée l’avance de l’empire ottoman en 1683) et Little Green Footballs, auprès desquels Caroline Fourest, Alain Finkielkraut ou Philippe Val font figure de dhimmis enturbannés. A l’apogée du bushisme, ces blogs étaient relativement influents, notamment auprès de la blogosphère lobotomisée de droite. Très vite, les tensions se sont fait apparaître entre deux philosophies, que dis-je deux ontologies politiques: ceux qui détestent les musulmans et ceux qui détestent les musulmans mais aussi d’autres métèques – reflètant ainsi la cassure au sein de l’extrême-droite française, traversée par deux profonds courants de pensée: ceux qui détestent les juifs plus que les arabes (Jean-Marie Le Pen) et ceux qui détestent les arabes plus que les juifs (Bruno Mégret et Philippe de Villiers).

Je vous passe les détails palpitants de cette guerre de titans de la pensée humaine, qui n’est pas sans évoquer la rivalité Raymond Aron/Jean-Paul Sartre, et vous renvoie à ce bref état des lieux, en vous laissant suivre les nombreux épisodes et rebondissements de cette étape fondamentale du parachèvement de la philosophie des Lumières, dont les concepts principaux sont Eurabia, dhimmitude et bombe démographique:

The Saga Continues
After a « Counterjihad Summit » held in Brussels and sponsored by an offshoot of the blog Gates of Vienna, the Center for Vigilant Freedom, a War of the Blogs has erupted. Centering on the objections of Little Green Footballs Commander in Chief, Charles Johnson, to the inclusion of Flemish separatist party Vlaams Belang in the Summit, this soap opera of posts, rebuttals, accusations, a rather strange rat, and increasingly unhinged comments continues unabated.

At stake, the « moral high ground » of anti-Islamic blogs, the leadership of the same, and the burning question of who will embarrass themselves the most in this exciting battle of the blogs. We will try to chronicle this here, but we will let the players speak in their own words for the most part. The continuation of the struggle will determine itself, to the amusement of most and the consternation of the few.

The Players:

Charles Johnson
Baron Bodissey

Dymphna
Pamela Geller/Atlas Shrugs
Conservative Swede
Christine

Mais vos lectures seraient incomplètes si vous ne passiez pas par le site Loonwatch – the mooslims! they’re here! lequel, comme son nom l’indique, est consacré à traquer les islamophobes (anglophones) sur Internet:

Loonwatch.com is a blogzine run by a motley group of hate-allergic bloggers to monitor and expose the web’s plethora of anti-Muslim loons, wackos, and conspiracy theorists.

While we find the sheer stupidity and outrageousness of the loons to be a source of invaluable comedy, we also recognize the seriousness of the danger they represent as dedicated hatemongers. And so, while our style reflects our bemusement, our content is fact checked and our sources well vetted making sure loonwatch.com is a reliable educational – if entertaining – resource on the rambunctious underworld of Muslim-bashing.
The folks featured on Loonwatch fit two or more of the following definitions:

Loon noun

1. a worthless lazy fellow
2. a person with confused ideas; incapable of serious thought [syn: addle-head]
3. large somewhat primitive fish-eating diving bird of the northern hemisphere having webbed feet placed far back; related to the grebes
Source: WordNet® 3.0, © 2006 by Princeton University.

And so, grab a cup of coffee and join us, won’t you, as we expose the trials and travails of the hatemongers in our midst: loons in the mist.

Petite sélection:
– « At (Civil) War with the Idiots he Created« ;
– « Anti-Muslim Blogoshpere Runs Amuck: Forced to Eat Crow« ;
– « The Blog Wars: Charles Johnson Takes on Robert Spencer for Associating with Extremists« ;
– « Pamela Geller Watch: Craziest Quotes of the Week« ;
– « Pamela Geller: The Looniest Blogger Ever« ;
– « Debbie Schlussel and the Great Blog Wars« ;
– « Robert Spencer Rejected by Academics: Still Supports Geert Wilders »

Les lecteurs qui endurent la lecture de ce blog depuis quelques temps déjà n’auront pas à regretter leur abnégation, puisque je les avais déjà introduit à la philosophie politique de l’islamophobie cybernétique étatsunienne par le biais d’Atlas shrugs (oui, le pseudo est débile, ce qui n’est guère étonnant puisque tiré d’un roman de la psychopathe libertaire Ayn Rand, plus chiante que Raël mais beaucoup plus étudiée et lue aux Etats-Unis que son confrère ne l’est en France, Michel Houellebecq mis à part). Ceci dit, je ne dirais pas non à sa prochaine activité au Texas: « an intimate evening with Pamela Geller« …
intimate evening with pamela geller

PS: voir aussi LGF Watch – The Original Stalker Site™, premier site à prendre pour cible Little Green Footballs.

Les nominations aux prix Douglas Feith et Thomas Friedman pour 2008 sont ouvertes

Les nominations pour l’année 2008 pour les deux prix distincts que sont le prix Douglas Feith et le prix Thomas Friedman sont ouvertes à tous les lecteurs de ce blog, jusqu’au 31 décembre à minuit. Le vote final pour désigner un vainqueur dans chaque catégorie sera ouvert à compter du 1er janvier. Ceux qui souhaitent proposer d’autres candidats que ceux indiqués ci-dessous peuvent soumettre leurs propositions dans les commentaires de ce billet.

Le prix Douglas Feith est décerné en l’honneur de Douglas Feith, ex-under secretary for defense et néo-con patenté. L’ex-commandant en chef des troupes d’occupation étatsuniennes en Irak, le général Tommy Franks, l’avait décrit comme « the fucking stupidest guy on earth« . Il est bien évidemment entendu que les nominés peuvent être d’autres persuasions politiques, et que la consécration finale est ouverte à tou-te-s sans distinction de sexe, d’ethnie, de nationalité, de religion, d’orientation sexuelle, d’origine sociale ou d’opinions politiques, pourvu que le candidat/la candidate soit dans la lignée de l’appréciation portée par Tommy Franks.

Le prix Thomas Friedman est quant à lui décerné à un journaliste, chroniqueur ou éditorialiste dont les écrits ou propos s’inscrivent dans la lignée du chroniqueur étatsunien Thomas Friedman, qui sévit au New York Times. Un style boursouflé, des platitudes, des stéréotypes, des erreurs à profusion, des poncifs et des raisonnements approximatifs, voire une bonne pincée de mauvaise foi, chaque lecteur, téléspectateur ou auditeur pourra en relever. Ce qui sera primé ici sera la constance dans l’effort et le talent déployé à atteindre les sommets friedmanesques. Là aussi, il est bien évidemment entendu que les nominés peuvent être d’autres sensibilités politiques ou supports médiatiques, et que la consécration finale est ouverte à tou-te-s sans distinction de sexe, d’ethnie, de nationalité, de religion, d’orientation sexuelle, d’origine sociale ou d’opinions politiques, pourvu que le candidat/la candidate soit dans la lignée de l’oeuvre friedmanesque.

Trois conditions à chaque nomination:

1- Elle doit être fondée sur un écrit ou une déclaration faits durant l’année 2008, de préférence avec un lien ou une référence;

2- Le prix Doug Feith est réservé aux non-journalistes, tandis que le prix Thomas Friedman est réservé aux journalistes voire exceptionnellement à des organes de presse écrite ou audiovisuelle.

3- Les bloggeurs et commentateurs de blogs sont exclus de ces deux compétitions, à grand regret car il y là un gisement de talents inépuisable.

Mes nominés pour le prix Douglas Feith, avec mes regrets pour Rachida Dati, méritoire par la constance de son incompétence et par la carence de son bon sens, mais qui n’a pas réussi à mettre à son palmarès des pics de performance qui lui assureraient une place sur le podium:

1- Abbas El Fassi, premier ministre marocain. Il est presque hors concours. Il mériterait le prix pour l’ensemble de son oeuvre mais encore plus pour son entretien déjà mythique avec Jeune Afrique il y a quelques mois.

2- Salaheddine Mezouar, ministre des finances marocain. Il a raté le prix Nobel d’économie, mais ses déclarations sur la chute de la bourse de Casablanca, dût aux repas de rupture du jeûne resteront dans les annales.

3- John Mc Cain. Il a déclaré en septembre que les fondamentaux de l’économie étatsunienne étaient bons. Sans commentaire.

Mes nominés pour le prix Thomas Friedman:

1- Nadia Salah, rédactrice en chef de L’Economiste: un peu comme pour Abbas El Fassi, c’est le couronnement d’une oeuvre de longue haleine, avec des pics de performance qui forcent l’admiration. C’est aussi un peu injuste: c’est toute l’équipe éditoriale de L’Economiste qui devrait être primée.

2- Khalil Hachmi Idrissi, éditorialiste d’Aujourd’hui Le Maroc, pour la parfaite maîtrise des réalités constitutionnelles marocaines manifestée par le constat que « la famille royale est une famille comme toutes les familles marocaines« .

3- Je me rends compte que la patrie des droits de l’homme est injustement absente de la liste des nominés.  S’agissant du domaine médiatique, c’est sans doute que la concurrence y est trop rude pour distinguer une seule individualité: entre les blocs-notes de BHL, les approximations du Monde, la haine raciale d’Ivan Rioufol dans Le Figaro, l’esprit partisan de Claude Askolovitch et l’insondable abîme de flagornerie qu’on retrouve régulièrement dans les pages des newsmagazines, difficile d’en distinguer un de peur d’en oublier. Mais il faut cependant garder une mention spéciale pour Charlie Hebdo, l’organe de propagande islamophobe de Philippe Val, le plus célèbre lecteur de Spinoza de France. Si les éditoriaux du maître des lieux sont d’une bêtise difficilement égalable, l’incohérence de ses propos en fait un orfèvre de la mauvaise foi journalistique. Mais me rendant compte que ces deux listes de nominés comptent aucune femme, Rachida Dati ayant été recalée in extremis, je me dois de proposer le nom de soeur Caroline Fourest, papesse du clergé laïcard, qui aime les caricatures lorsqu’elles visent le prophète Mohamed mais semble plus circonspecte quand elles visent Philippe Val.

A vous de jouer.

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