La leçon la plus importante du printemps arabe

Je suis à 100% d’accord avec cet activiste égyptien, Khalid Fahmy, et je crois aussi que c’est là une des leçons les plus durables de ce printemps arabe de 2011 qui est loin d’être terminé (de la même façon que 1989 n’est pas véritablement terminé en ex-URSS voire dans certains pays d’Europe de l’Est):

As someone who has been in Tahrir since 25 January, missing only a few Friday demonstrations since then, one of the most amazing things that I noticed was the conspicuous absence of slogans against foreign powers. It is not that people in Tahrir were oblivious of the role traditionally played by Saudi Arabia, Israel or the US over the past three decades in bolstering Mubarak and his defunct regime. Rather, it is that Egyptians (and I suspect Tunisians, Libyans, Yemenis, Syrians and millions of other Arabs) have felt, probably for the first time in a hundred years, that they don’t have to take their cue from Washington, London or Paris; that they are the ones who write their own history, and that they are the shapers of their own destiny. I consider this self-confidence, which is often infused with a witty, non-cynical sense of humor, to be the most important feature of the Arab Spring. And it is this self-confidence that the SCAF views as posing an existential threat and which it tries to counter with a venomous xenophobic discourse. (Egypt Independent 26/2/2012)

Il suffit de voir, exception faite de la Libye, à quel point les Etats occidentaux ont eu peu d’influence sur le cours des événements au Moyen-Orient – rétrospectivement, les historiens diront sans doute que l’invasion de l’Irak marqua l’apogée, et sans doute la fin durable, de l’influence occidentale de type post-colonial dans cette région du monde. L’Europe et les Etats-Unis demeurent des partenaires importants, mais leurs souhaits et instructions n’ont plus cours – les peuples arabes sont en train de récupérer leur souveraineté vis-à-vis de leurs anciens colonisateurs, protecteurs et parrains et ça, ça sera durable. Il n’y a sans doute que quelques potentats arabes qui ne sont pas encore au courant, un peu comme ces Espagnoles que chantait Brel dans « Knokke-le-Zoute tango« :

Les soirs où je suis espagnol
Petites fesses grande bagnole
Elles passent toutes à la casserole
Quitte à pourchasser dans Hambourg
Des Carmencitas de faubourg
Qui nous reviennent de vérole
Je me les veux fraîches et joyeuses
Bonnes travailleuses sans parlote
Mi-andalouses mi-onduleuses
De ces femelles qu’on gestapotte
Parce qu’elles ne savent pas encore
Que Franco est tout à fait mort

 

%d blogueurs aiment cette page :