Journalisme d’investigation à la marocaine – « Les hommes d’affaires : Mohamed Mounir Majidi, prestance et charme retenu »

Ce n’est pas une blague – cet article a bel et bien été publié dans un quotidien marocain (pour la photo, je ne suis pas sûr que ce soit la bonne, pas le temps de vérifier):

Les hommes d’affaires : Mohamed Mounir Majidi, prestance et charme retenu
Discrétion rime très bien avec Mohamed Mounir Majidi. Dans le milieu des affaires, il est l’incarnation du charisme, de la détermination et du charme retenu.

Du haut de ses 46 ans, beau, il l’est certainement. Marié et père de deux filles, M. Majidi a tous les atouts pour plaire. Secrétaire particulier du Souverain, il est également chargé de la gestion des affaires royales. Loin de toutes formes de mondanités, le peu de temps qui lui reste est consacré à sa vie de famille. M. Majidi préfère s’éloigner du monde des relations publiques et autres dîners mondains. Il a su rester pragmatique et rigoureux en affaires et devenir au fil du temps symbole d’une brillante génération de quadras technocrates. Formé au management à l’américaine, il est également un acteur clé de l’ouverture et de la modernité du Royaume. En effet, Mohamed Mounir Majidi est la cheville ouvrière du grand festival musical Mawazine de Rabat. Une casquette qu’il a portée avec brio. Mohamed Mounir Majidi a réussi à faire de cet événement une véritable vitrine de l’attractivité marocaine. Des stars mondiales ont accepté de fouler le podium de Mawazine, portant haut le drapeau marocain. En plus de la culture, il est un supporter assidu du FUS dont il est devenu le président en 2007. Mohamed Mounir Majidi est un exemple de modestie et d’efficience.

Maroc-Hebdo sauve l’honneur

Je n’aurais jamais cru écrire un billet avec ce titre, mais je dois me rendre à l’évidence cette semaine: Maroc Hebdo sauve l’honneur de la presse francophone marocaine. Jugez-en:

Heureusement, Maroc Hebdo était là:

C’est vraiment par principe que je défends la liberté de la presse au Maroc, pas en raison des mérites des concernés…

Je me permets de citer mon père:

Salut! Revue de presse du 5 juin: Vous avez dit Israel? Circulez, y’a rien à voir!…Ou plutôt si: des films Olé Olé, Nabil Benabdallah, l’Amérique, les banques etc….Pardon! Maroc Hebdo a pour une fois sauvé l’honneur!!!   OUI, NOUS SOMMES TOUS DES TURCS!!!

Pour citer Brel:

Vous êtes tellement tellement
Beaucoup trop lourds
Que quand les soirs d’orage
Des chinois cultivés
Me demandent d’où je suis,
Je réponds fatigué
Et les larmes aux dents :
« Ik ben van Türkije ».

Bugün beni Türk sayin!

Gad el Maleh peut aller se rhabiller, la confrérie des compagnons de Gutenberg ouvre une section au Maroc

La stand-up comedy, ou l’humour politique, n’ont strictement aucune chance au Maroc, où l’Etat et ses affidés ont conservé le monopole du service public de la satire. J’ai ainsi pu lire dans mon quotidien préféré que la Confrérie des compagnons de Gutenberg avait créé une section au Maroc, événement historique lors de laquelle le ministre de la communication, l’haj Khalid Naciri, a été nommé docteur honoris causa de la confrérie.

J’ai vérifié, la date indique bien le 5 avril.

Bon, citons un peu Le Matin du Sahara et la MAP:

Promouvoir l’écriture, l’édition et la culture en général, hisser les liens de confraternité au plus haut niveau de l’amitié entre les membres et cultiver les liens de partage et de soutien, figurent parmi les objectifs assignés à cette association présidée par Mohamed Berrada, directeur général de Sapress.

Lors d’une cérémonie organisée à cette occasion en présence de Khalid Naciri, ministre de la Communication, porte parole du gouvernement, M. Berrada a exprimé sa satisfaction de la création au Maroc d’une section de la confrérie des compagnons de Gutenberg en jumelage avec celle existant en France.

Perso, je trouve particulièrement bien choisie la liste des personnalités marocaines distinguées par la Confrérie des compagnons de Gutenberg:

D’autres acteurs de la presse et de l’édition ont été également honorés à cette occasion. Il s’agit notamment de Mohamed Berrada, Abdelmouniim Dilami, P.-D.G. du groupe Eco-medias, Khalil Hachimi, directeur d’Aujourd’hui le Maroc et président de la Fédération marocaine des éditeurs de journaux, Abdellah Stouky, journaliste et écrivain, Abdou Moukite, imprimeur et expert en matériel d’imprimerie, Abdelkader Retnani, éditeur et président de l’Association marocaine des professionnels du livre, et Omar Jabri, imprimeur et éditeur.

On peut au moins se réjouir de la présence d’un rajaoui, Abdelkader Retnani, et souligner la contribution au folklore humoristique et à la défense de la langue française – un des objectifs de la confrérie – apportée par Khalil Hachimi Idrissi d’Aujourd’hui Le Maroc – quotidien qui se saisit à pleines mains des questions de société – et d’Abdelmounaïm Dilami – même si en lisant L’Economiste mes zygomatiques sont plus souvent stimulés à la lecture de Nadia Salah, mais c’est une question de goût et le goût ne se discute pas.

Pour donner aux béotiens que vous êtes une idée de l’importance de cette cérémonie, il suffit de préciser que l’information a été répercutée sur le site du ministère de la culture.

Ca n’a rien à voir mais il faut parfois meubler – voici ainsi ce qu’écrit sur la liberté de la presse au Maroc un torchon islamo-gauchiste inféodé à la junte d’Alger et aux caciques chiites de Téhéran, Le Monde:

De fait, depuis des mois, les désaccords n’ont cessé de grandir entre le pouvoir et les journalistes. Procès, amendes records, journaux saisis ou poussés à la fermeture, ont nourri la chronique de la crise. Le quotidien arabophone Akhbar Al-Yaoum reparaît sous un autre titre depuis trois mois, mais n’a jamais pu récupérer ses locaux toujours placés sous scellés ; le Journal hebdomadaire francophone, étranglé par ses dettes et confronté à la réduction drastique de ses recettes publicitaires, a dû mettre la clé sous la porte en février. Et le directeur d’Al-Michââl, Driss Chahtane, purge toujours, depuis cinq mois, une peine de prison pour avoir fait paraître des articles désobligeants sur le chef d’Etat algérien Abdelazziz Bouteflika, et la santé de Mohammed VI, malgré les appels répétés de son épouse, enceinte, au pardon royal.

« Est-ce que la presse insulte, diffame ? Oui, mais c’est à la justice de régler ça, or aucun procès ne respecte les conditions d’un procès équitable », souligne Khalid Jamaï, ancien journaliste, père d’Aboubakr Jamaï, l’un des fondateurs du Journal hebdomadaire. « Ces procès sont bidons », lâche Abderrahim Jamaï, avocat homonyme qui a souvent défendu la presse – sans jamais gagner un procès. « C’est difficile à croire, mais ça marche sans règles, soupire Ahmed Benchemsi, directeur de la publication de Tel Quel. Il faut savoir humer l’atmosphère. » Le magazine francophone, et sa version arabe Nichane, qui a déjà connu cinq procès, deux saisies, une interdiction, doit souvent composer avec les « lignes rouges ».

Ces propos haineux ne sont pas isolés – 55 medersas de formation de kamikazes islamo-fascistes de Peshawar à Sidi Moumen ont ainsi vomi leur haine contre le Marock:

Des associations arabes pour la liberté de la presse au Maroc: l’antidote au choc des civilisations

Trente et un membres de l’IFEX et 24 autres organisations condamnent l’offensive contre la liberté de la presse

(ANHRI/IFEX) – Le 23 octobre 2009 – Les organisations dénoncent les arrestations et le harcèlement incessants contre les journalistes et la presse indépendente:

Nous, soussignées, organisations de défense de la liberté de la presse et de la liberté d’expression, appelons le gouvernement marocain à cesser sa campagne contre la liberté de la presse, la plus violente qu’ait connu le Royaume depuis l’accession du souverain Mohamed VI au pouvoir en 1999.

Les trois derniers mois (août-octobre 2009) ont été marqués par une recrudescence de la campagne contre la liberté de la presse au Maroc. L’hebdomadaire indépendant francophone “Tel Quel” et sa version arabophone “Nichane” ont été interdits de publication, début août 2009, pour avoir publié un sondage sur la gouvernance de Mohamed VI, jugé outrageant pour le souverain et contraire aux bonnes mœurs.

Le 28 septembre 2008, le ministère marocain de l’Intérieur a fermé les locaux du quotidien indépendant arabophone “Akhbar Al Yaoum” sans décision de justice. Taoufik Bouachrine, directeur de la publication, et le caricaturiste Khaled Keddar ont été poursuivis en justice à la suite de la publication d’une caricature qui constitue, selon le ministère de l’Intérieur, “une atteinte au respect dû à un membre de la famille royale”.

Le 15 octobre 2009, le tribunal de première instance de Rabat a condamné Driss Chahtane, directeur de l’hebdomadaire arabophone “Al Michaal”, à un an de prison ferme pour avoir publié des articles évoquant la santé du Roi Mohamed VI. Driss Chahtane a été arrêté immédiatement après l’énoncé du verdit, sans attendre la procédure d’appel. Rachid Mahamid et Mustapha Hayrane, deux journalistes travaillant dans le même journal, se sont vus infliger des peines de trois mois de prison ferme et une amende de 5.000 dirhams (environs 655 $US) sans être arrêtés.

Dans une affaire séparée, mais pour les mêmes motifs, Ali Anouzla, directeur du quotidien arabophone “Al Jarida Al Oula”, et Bouchra Edaou, journaliste dans le même journal, seront traduits en justice, à Rabat, le 26 octobre 2009, pour publication de fausses informations concernant la santé du Souverain.

Ces procès qui ciblent, essentiellement, la presse indépendante, constituent une régression grave de la liberté de la presse au Maroc et risquent d’anéantir la petite marge de liberté qui existe encore dans ce Royaume. Ils constituent aussi une menace sérieuse pour la liberté de la presse dans le monde arabe, sachant que le Maroc représente un modèle pour les journalistes de la région.

L’emprisonnement des journalistes et l’interdiction des publications au Maroc constituent, faut-il le rappeler, une violation flagrante de l’article 19 (2) du pacte international relatif aux droits civils et politiques, ratifié par le gouvernement marocain.

Cet article énonce: “Toute personne a droit à la liberté d’expression; ce droit comprend la liberté de rechercher, de recevoir et de répandre des informations et des idées de toute espèce, sans considération de frontières, sous une forme orale, écrite, imprimée ou artistique, ou par tout autre moyen de son choix”.

Nous dénonçons ces procès à caractère politique. Nous dénonçons le harcèlement incessant contre les journalistes qui accomplissent leur devoir professionnel en diffusant des informations que le gouvernement marocain juge comme étant un franchissement des lignes rouges, telles que la santé du Roi ou les affaires de corruption qui intéressent l’opinion publique.

Les organisations arabes et internationales de défense de la liberté de la presse et de la liberté d’expression, soussignées, expriment leur entière solidarité avec les journaux et les journalistes marocains victimes de ces poursuites judiciaires. Elles appellent le gouvernement marocain à mettre fin à cette campagne contre la liberté de la presse et à abolir les peines privatives de liberté dans les procès de presse. Elles appellent, également, le gouvernement marocain à lever l’embargo imposé au quotidien “Akhbar Al Yaoum” et à l’autoriser à reparaître.

Les organisations signataires:

Arabic Network for Human Rights Information

ARTICLE 19: Global Campaign for Free Expression

Adil Soz – International Foundation for Protection of Freedom of Speech

Arab Archives Institute

Association Mondiale des Journaux et des Éditeurs de Médias d’Information

Bahrain Center for Human Rights

Cairo Institute for Human Rights Studies

Canadian Journalists for Free Expression

Center for Media Studies & Peace Building

Centro de Reportes Informativos sobre Guatemala

Comité por la Libre Expresión

Ethiopian Freepress Journalists’ Association

Exiled Journalists Network

Freedom House

Greek Helsinki Monitor

Index on Censorship

Institute of Mass Information

International Press Institute

Le Comité pour la protection des journalistes

Maharat Foundation (Skills Foundation)

Media Institute of Southern Africa

Media Rights Agenda

Media Watch

Pacific Freedom Forum

Pacific Islands News Association

Pakistan Press Foundation

Palestinian Center for Development and Media Freedoms

Public Association “Journalists”

Reporters sans frontières

The Egyptian Organization For Human Rights

World Press Freedom Committee

Al-Karamah “Dignity” Foundation for Human Rights, Egypt

Andalus Institute for Tolerance and Anti-Violence Studies, Egypt

Arab Commission for Human Rights

Arab-European Forum for Human Rights

Arab Organization for Supporting the Civil Society and Human Rights

Arabic Program for Human Rights Activists, Egypt

Association for Freedom of Thought and Expression, Egypt

Awlad Alard Organization for Human Rights

Bahraini Association for Human Rights

Bahrain Youth Society for Human Rights

Damascus Center for Theoretical and Civil Rights Studies, Syria

Egyptian Association against Torture

Egyptian Center for Economic and Social Rights

Egyptian Initiative for Personal Rights

Euro-Arab Forum for Freedom of Expression

General Assembly for Human Rights Defenders in the Arab World, France

Hisham Mubarak Law Center, Egypt

Human Rights First Society, Saudi Arabia

Nadeem Center for Psychological Therapy and Rehabilitation of the Victims of Violence, Egypt

One World for Development and Sustainability of Civil Society

Palestinian Human Rights Foundation (Monitor)

Reporters without Rights

Voix Libre pour les Droits de l’homme, Switzerland

Yemeni Organization for the Defense of Democratic Rights and Freedom

Pour vous donner une idée définitive de la haine anti-marocaine qui suinte un peu partout, ces quelques communiqués et rapports d’un ramassis de plumitifs oisifs qui nous haïssent pour nos libertés, le Committee to Protect Journalists:

– « CPJ urges Morocco to halt politicized prosecutions » (15 mars 2010)

– « CPJ trip to Morocco reveals gap between rhetoric and reality » (3 mars 2010);

– « Attacks on the Press 2009: Morocco » (16 février 2010);

– « Morocco’s most critical publication faces closure » (29 janvier 2010)

Heureusement, il nous reste la Confrérie des compagnons de Gutenberg.

Omerta dans la presse marocaine sur la grève des pilotes de la RAM

y6fjIBaZhpsdlekuGuej9NlGo1_400
Voilà un pays dont la compagnie nationale connaît cinq grèves des pilotes de ligne en deux mois, en pleine période estivale et touristique, sachant que les rentrées de devises de ses ressortissants à l’étranger ainsi que des touristes sont les deux principales rentrées de devises du pays. Or, parcourez la presse, et vous lirez le plus souvent des communiqués de quelques lignes.

De quel pays s’agit-il – Libye, Biélorussie, Cuba? Non, c’est du Maroc dont il s’agit, et l’absence de couverture médiatique n’est – une fois n’est pas coutume – en rien le résultat d’une pression des pouvoirs publics, mais plutôt le résultat du pouvoir de l’argent.

Le conflit social dont il s’agit concerne la Royal Air Maroc, où les pilotes de lignes, dans un des mouvements de grève les plus suivis de ces dernières années au Maroc (avec un taux de grévistes frôlant les 90%), font grève non pas pour des motifs salariaux mais pour obtenir que les commandants de bord de la filière ex-low cost Atlas Blue soient de nationalité marocaine. En effet, dans un objectif qui est sans doute moins la réduction des coûts (les commandants de bord étrangers sont payés en euros, et il n’est même pas sûr que l’Etat marocain prélève des impôts sur leurs salaires) que de briser le dernier bastion syndical combatif de la RAM (même si l’Association marocaine des pilotes de ligne est une association et non pas un syndicat), la RAM a recruté environ 40 commandants de bord étrangers sur sa filière Atlas Blue, alors même que la RAM compte 130 co-pilotes marocains ayant généralement plus d’heures de vol que leurs collègues étrangers et dont certains attendent le passage au grade de commandant de bord depuis treize ans.

Bref: un conflit social opposant syndicat (que l’AMPL m’excuse de les considérer ainsi) combatif et direction braquée (pour ne pas dire bornée), dans un secteur vital pour l’économie du pays, que des millions de Marocains utilisent ou ont utilisé, on pourrait croire que des marées d’encre noire se déverseraient dans les colonnes de nos journaux nationaux. Faux, archi-faux: si Le Soir a interviewé Jalal yaacoubi, président de l’AMPL et la Vie Economique Driss Benhima, PDG de la RAM, et si L’Economiste a consacré une page entière à couvrir un assemblée générale de l’AMPL ainsi que, c’est à peu près tout. Et ne comptez bien évidemment pas lire reportages sur les passagers en colère (sauf deux articles dans L’Economiste, qui a pris position pour la direction de la RAM dans un éditorial de Nadia Salah) (1), les grévistes, les non-grévistes, ou des interviews avec les pilotes étrangers d’Atlas Blue, et bien évidemment ne vous attendez à aucun article de fond sur la création et l’échec d’Atlas Blue – vous vous croyez où, en Suède?

Certes, chacun connaît la tradition débilissime de la presse hebdomadaire marocaine de carrément fermer les portes pendant 4 ou 5 semaines durant le mois d’août, mois de l’années où leur lectorat a peut-être plus le temps de les lire, et où des MRE revenant au bled aiment à se tenir informés de l’actualité du pays. Cette débilité confine au Nobel de la c… lorsque le mois d’août coïncide partiellement avec le ramadan, période de l’année où la lecture, et pas seulement du Coran, est en hausse.

On pourrait également faire porter le chapeau à ceux qui nous gouvernent: je ne connais pas beaucoup de pays où Premier ministre, ministre des transports et conseillers du chef de l’Etat continueraient tranquillement leurs petites vacances au pied de l’eau alors que des grèves clouent au sol des avions de la compagnie nationale et coûtent des millions d’euros par jour (entre 1,5 et 2 millions d’euros de coût supplémentaire par jour de grève pour la RAM selon les estimations). Faites une recherche frénétique: vous ne trouverez aucune déclaration de Karim Ghellab, d’Abbas el Fassi ou d’un quelconque conseiller du Roi (puisque c’est de toute façon là que les choses sérieuses se décident au Maroc).

Mais il y a aussi une autre explication, financière et publicitaire celle-là: la RAM est un important annonceur dans la presse écrite marocaine, et elle est sans doute le premier acheteur de journaux du Maroc, journaux qu’elle achète par milliers pour les offrir à ses passagers. Il va de soi que dans un contexte médiatique dur – baisse des tirages (cf. le site de l’OJD), baisse des recettes publicitaires, voire même cessation de parution de certains magazines (La Gazette du Maroc) – le journal qui souhaiterait couvrir les tenants et les aboutissants de la crise sociale qui traverse la RAM ne pourrait le faire qu’au risque de perdre un annonceur et un client…

Comme ce n’est pas dans la presse que vous pourrez trouver une discussion du contexte et des tenants et aboutissants de ce gravissime conflit social, je publierai ces jours-ci un post avec 10 questions à Karim Ghellab, ministre de tutelle de la RAM.

(1) C’est dans l’édition du 19 août:

Premièrement, les pilotes de la RAM sèment un désordre coûteux dans le transport aérien national pour préserver les avantages importants (c’est un euphémisme!) qu’ils avaient réussi à obtenir avant le traité international d’open-sky.

(…) Dans ces trois cas, ce qui compte c’est que le service public (lequel devrait être pensé uniquement comme un «service au public») soit maintenu sous la coupe de petits intérêts privés.

Les arguments sont toujours séduisants et trompeurs: avec des explications technicistes et partielles, les argumentaires négligent l’objectif de l’intérêt général, ou pis, ils le kidnappent et le détournent pour maintenir ou développer des avantages localisés, envers et contre le bon fonctionnement de l’Etat, envers et contre les efforts de mise à niveau économique et politique du Royaume.

Nadia SALAH

Lettre de supplication de Rachid Nini au Roi Mohammed VI?

photo-agression-rachid_nini

Je n’ai aucune sympathie pour Rachid Nini, éditorialiste et propriétaire d’Al Masae, et j’ai critiqué ici sa condamnation loufoque à 6 millions de dirhams d’amende pour avoir accusé les procureurs de Ksar el Kébir d’homosexualité (cette accusation est infâmante en droit marocain, les relations homosexuelles étant un crime réprimé par l’article 489 du Code pénal). Ses positions critiques vis-à-vis de Fouad Ali El Himma, qualifié de moul traktor, ont pu le faire passer pour un éditorialiste critique et indépendant, en dépit de ses évidentes lacunes en terme de déontologie journalistique – sa condamnation pour diffamation des procureurs de Ksar el Kébir était ainsi absolument méritée quant à l’incrimination (mais excessive quant au montant de l’amende), puisqu’il n’avait évidemment pas l’ombre du commencement du début d’une preuve que ces procureurs se livraient à des relations homosexuelles. 

Pour le quotidien le plus vendu du Maroc (environ 80.000 exemplaires vendus quotidiennement, contre 100.000/120.000 il y a un an), que Rachid Nini a développé en entreprise de presse avec le lancement d’un quotidien francophone Le Soir et le contrôle de la distribution de ses journaux, cette condamnation équivalait à une condamnation à mort financière si elle devait être exécutée.

Rachid Nini vit légitimement fort bien de cette florissante entreprise de presse (dans le contexte ravagé de la presse marocaine, où Le Matin du Sahara ou L’Opinion vendent 18.000 exemplaires, Al ittihad al ichtiraki autour de 6.000, Al Ahdath al Maghribia environ 15.000, Libération 3.000, Le Soir et Aujourd’Hui Le Maroc 5.000 exemplaires, pour ne citer que ceux-là), comme peuvent en témoigner ceux qui l’ont aperçu à la gare Casa Port s’asseoir à l’arrière de sa 4×4 conduite par un chauffeur pour l’amener au siège d’Al Masae, à quelques minutes de là. On peut dès lors concevoir qu’il souhaite éviter l’exécution de la condamnation judiciaire en question.

Et il se dit actuellement que Rachid Nini aurait adressé une supplique au Roi – vous l’avez peut-être lue sur certains sites arabophones, mais rien ne permet d’en garantir l’authenticité – dans laquelle il demande l’absolution des pêchés – en clair, la grâce pour son journal. Rien ne permet de garantir cette information, qui en soi n’est pas infâmante, ni la persistante rumeur que pour prouver sa bonne volonté, il s’apprêterait à consacrer le même traitement que celui réservé à Benchemsi dernièrement à une liste de personnalités peu en cour – la liste va d’Abdelhamid Amine, ex président de l’AMDH, à Khalid Jamaï, chroniqueur du Journal et père de Boubker Jamaï, en passant par Me Abderrahim Berrada, Fouad Abdelmoumni et quelques autres nihilistes. Là encore, vu les options idéologiques de Rachid Nini, cela n’aurait rien d’étonnant et entrerait dans la ligne idéologique de son journal tout en faisant plaisir à certains décideurs.

A suivre…

La Gazette du Maroc en flagrant délit de plagiat

mai_68_affiche_presse_63_semaine_18_2008_page_3
Voici ce que l’on peut lire dans le numéro daté du 24 avril 2009 de l’hebdomadaire casablancais La Gazette du Maroc, dans un article signé pudiquement, modestie oblige, « la rédaction »:

Un blog sur le Maroc juifLa Rédaction
24 Avril 2009
  

 

 

 
 
Celui qui cherche des infos sur le net sur le judaïsme marocain devient vite frustré : entre la débauche de liens et la qualité disparate de l information, la frustration est souvent au rendez-vous. Jusqu’ici, l’excellent site de Rick Gold -Visiting Jewish Morocco- constitue un point de départ incontournable, et on pourrait y rajouter le forum communautaire Dafina, désordonné, foisonnant mais inégal. On pourrait rajouter cette liste de musées -celui du judaïsme marocain de Casablanca, et celui du Centre de la culture judéo-marocaine à Bruxelles. Sans compter les sites excentriques -comme celui consacré à la restauration de la synagogue Attias d’Essaouira. Il y a désormais un blog, Jewish Morocco, animé par Chris Silver – il nous emmène notamment au Guercif cher à Zakaria Boualem & Bravo à son initiateur! Un regret cependant : qu’il n y ait pas de voix de l’intérieur non-institutionnelle – par exemple un blog d’un marocain juif vivant au Maroc, éclairant de l intérieur la culture, l’histoire et le présent de cette partie essentielle du peuple marocain et de son histoire.
 

 

Ca vous rappelle quelque chose? C’est marrant, moi aussi – voici ce que j’avais écrit le 15 avril, soit neuf jours avant la parution de cet article de la Gazette du Maroc:

Un blog sur le Maroc juif

Posted on avril 15, 2009 by ibnkafka | Modifier

20050523-b-judaisme1
Celui qui cherche des infos sur le net sur le judaïsme marocain devient vite frustré: entre la débauche de liens et la qualité disparate de l’information, la frustration est souvent au rendez-vous. Jusqu’ici, l’excellent site de Rick Gold – Visiting Jewish Morocco – constitue un point de départ incontournable, et on pourrait y rajouter le forum communautaire Dafina, désordonné, foisonnant mais inégal. On pourrait rajouter à cette liste deux musées – celui du judaïsme marocain de Casablanca, et celui du Centre de la culture judéo-marocaine à Bruxelles. Sans compter les sites excentriques – comme celui consacré à la restauration de la synagogue Attias d’Essaouira.

Il y a désormais un blog, Jewish Morocco, animé par un Etatsunien, Chris Silver – il nous emmène notamment au Guercif cher à Zakaria Boualem… Bravo à son initiateur!

Un regret cependant: qu’il n’y ait pas de voix de l’intérieur non-institutionnelle – par exemple un blog d’un Marocain juif vivant au Maroc, éclairant de l’intérieur la culture, l’histoire, la spiritualité et le présent de cette partie essentielle du peuple marocain et de son histoire.

Archivé sous: Plubopaysdumonde, ethnicité | Tagué : , , , , , ,

Pour ceux qui débarqueraient, Kamal Lahlou, le directeur de la publication, est président de la Fédération royale marocaine d’haltérophilie, vice-président du Comité national olympique marocain et surtout président de la Fédération des Médias du Maroc. Ce patriote tal mout avoue ouvertement ne pas écrire lui-même ses éditoriaux:

Et c’est aussi un mythe que vous n’écrivez pas vos éditos ?
Non, ça, c’est vrai. Et ce n’est pas une honte. Il n’y a aucune gêne à avoir. Je donne mes idées et je laisse faire.

Vous commandez vos éditos, donc…
Absolument. Et quand ça ne va pas, je les fais refaire.

Au moins, ça a le mérite de la franchise. Il devrait cependant faire passer le message dans sa rédaction que la sous-traitance n’est pas le plagiat…

Le Soir Echos Watch – le PJD, « une discipline digne du parti nazi »…

Le style éditorial du Matin du Sahara, de l’Economiste fait tache d’huile au sein de la presse marocaine francophone. Dans Le Soir Echos – mieux inspiré d’habitude – de ce lundi 21 juillet, on a pu lire ceci dans l’article « Choses vues au congrès du PJD« , publié à la page 3 du quotidien:

Plus qu’un congrès, la sixième messe du PJD ressemble surtout à un mégashow à l’américaine… les moyens techniques en moins. La salle couverte est archicomble. Les personnes présentes sont cependant d’une discipline digne du parti nazi.

Pourtant, ni avant, ni après cette allusion au NSDAP, ne figurent cependant dans l’article des déclarations de personnes représentant le PJD ou présentes au congrès appelant à un génocide, à une législation raciale ou à l’aryanisation de l’économie marocaine…

%d blogueurs aiment cette page :