Une Palestinienne de 50 ans tuée par un soldat israëlien alors qu’elle tenait un drapeau blanc

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Entendu sur Al Jazeera. La victime, Rawhiya Najar, du village de Khuza’a, avait été sommée, ce mardi 13 janvier au matin, avec une cinquantaine de civils palestiniens, de quitter son logement – les maisons devaient être détruites par l’armée israëlienne. Alors qu’elle sortait de la maison avec un drapeau blanc, afin de permettre à sa famille de la suivre sans risques, elle fût abattue par balles par des soldats israëliens.

L’après-midi, une trentaine d’autres habitants avaient été sommés, par hauts-parleurs, de quitter leurs logements. Ayant fait environ une vingtaine de mètres, ce groupe de civils se vit tirer dessus par l’armée israëlienne – trois civils furent tués: Muhammad Salman Najar, 54 ans, Ahmad Jum’a Najar, 25 ans, et Khalil Hamdan Najar, 80 ans.

La version de Btselem:

13 Jan. ’09: Witness reports that Israeli soldiers shot woman waving white flag in Gaza Strip

A Palestinian who is besieged with his family in the Khuza’a area, in the south-eastern Gaza Strip, notified B’Tselem that soldiers had shot a woman waving a white flag and several civilians who were fleeing a bombed house on army orders.

Munir Shafik a-Najar, a resident of Khuza’a village, told B’Tselem’s researcher by telephone that as of 2.30 A.M., the army has been demolishing homes in his area, which lies near the border with Israel. The forces have been using gunfire to signal civilians to evacuate their homes.

This morning, Rawhiya a-Najar, 50, stepped out of her house waving a white flag, so that the rest of the family could leave the house and walk behind her. The witness reported that she was shot and fell. Neither family members nor rescue workers have managed to reach her to ascertain her condition, but she is still lying motionless where she fell.

This afternoon, the army announced on loudspeakers that residents are to leave their homes and walk to a school in the village center. Some 30 people left their houses carrying white flags. The witness reported that after they had walked approximately 20 meters, fire was opened at the group, killing three of his relatives: Muhammad Salman a-Najar, 54, Ahmad Jum’a a-Najar, 25, and Khalil Hamdan a-Najar, 80. Many others were injured.

The rest of the group took cover in a nearby house, in which there are currently 46 persons waiting to evacuate the premises and take shelter in the village school. B’Tselem has passed on the information at its disposal to the army and the Red Crescent.

Although B’Tselem cannot, at present, independently verify or disprove the witness’s claims, it believes their severity merits immediate notification of the media.

Trois cliniques mobiles, marquées de croix rouges, détruites par Israël

Via ContreInfo, j’ai lu que trois cliniques mobiles – en fait des camions-ambulances – de DanChurchAid, organisation caritative de l’Eglise luthérienne du Danemark (qui entre parenthèses est église d’Etat au Danemark), ont été détruits par des bombardements israëliens alors qu’ils étaient garés sur le parking du siège de l’Union des comités pour les soins de santé à Gaza. Voici le communiqué DanChurchAid, traduit en français par Madeleine Chevassus de ContreInfo:

Un camion-ambulance avant le bombardement israëlien...

Un camion-ambulance vant le bombardement israëlien...

Un camion-ambulance après le bombardement israëlien...

Un camion-ambulance après le bombardement israëlien...

Communiqué DanChurchAid, 6 janvier 2009

L’ organisation Comités pour la Santé (Union of Healthcare Committees), mise en place par des médecins et infirmières Palestiniens, a acheté récemment trois petits camions, qu’elle a équipés pour fonctionner comme cliniques mobiles à Gaza.

Depuis le début du conflit entre le Hamas et Israël, DanChurchAid a amélioré les véhicules pour qu’ils puissent jouer le rôle des Urgences, apportant les premiers soins intensifs aux blessés de Gaza.

Nous venons d’apprendre que ces trois cliniques mobiles ont été bombardées et détruites pendant la nuit du 5 Janvier. Les véhicules étaient garés près du siège des Comités pour la Santé et ils étaient tous clairement munis d’une croix rouge et de l’indication “clinique mobile”.

”Jusqu’à présent nous avons pu aider les blessés et les souffrants, parce que nos véhicules étaient présents et opérationnels dans Gaza. Cette possibilité de secours est maintenant anéantie. Nous sommes profondément choqués que les bombardements Israëliens s’en prennent aux moyens d’aide humanitaire. » déclare Henrik Stubkjær, Secrétaire Général de DanChurchAid.

DanChurchAid a réservé d’autres fonds pour l’achat d’un nouveau véhicule pour Gaza, mais pour l’équiper en clinique mobile et le mettre à disposition dans les zones où l’aide est nécessaire, il faudra du temps.

Nous envisageons aussi la possibilité de fournir d’autres cliniques mobiles.

La version anglaise du communiqué est disponible sur le site de DanChurchAid.

Résumons donc – depuis le début de la guerre contre Gaza, les faits suivants ont pu être relevés:
– bombardement de cliniques mobiles présentant les insignes réglementaires dénotant le matériel sanitaire (croix ou croissant rouge sur fond blanc);
– des tirs délibérés contre des ambulances et des infirmiers;
– des tirs délibérés contre des civils blessés tentant d’échapper aux tirs;
– tirs délibérés contre des convois humanitaires de l’UNRWA;
refus d’apporter des soins à des civils blessés;
bombardement d’écoles de l’UNRWA

Je passe sur le maintien du blocus, y compris sur les produits humanitaires, tant du côté israëlien qu’égyptien, sur le bombardement de quartiers densément habités, et sur l’interdiction d’entrer opposé aux journalistes étrangers, sous l’argument assez paradoxal que la situation en termes de sécurité n’était pas propice à leur présence, alors même que cette situation est du seul fait de l’armée israëlienne. Je passe également sur les plus de 800 morts palestiniens (onze morts du côté israëlien depuis le début de cette guerre d’agression), dont des représentants de l’UNRWA estimaient la proportion de non-combattants à entre 30 et 70%.

Je passe également sur la pureté passée des armes israëliennes: Qana en 1996 puis en 2006, les assassinats politiques israëliens euphémisés sous le vocable « assassinats ciblés » (c’est encore plus euphémisé en anglais – « targeted killings« ) et les innombrables victimes innocentes qui s’ensuivent (les médias et les gouvernants disent victimes « collatérales« ), l’assassinat de Rachel Corrie et Tom Hurndall, et les tueries massives de civils palestiniens depuis le commencement de la seconde intifada.

Ce ne sont pas des incidents: c’est une politique, délibérée ou implicite. Et si l’on rajoute à cela le traitement de diplomates de pays amis (par exemple la façon dont fût traitée une diplomate française accréditée en Israël, retenue dix-sept heures à un checkpoint israëlien) et un historique comportant des attaques armées extrémement meurtrières contre des avions de ligne (un avion de ligne libyen en 1973) ou même des navires de combat étatsuniens (l’USS Liberty), sans que ces comportements ne soient le moins du monde sanctionnés sur le plan judiciaire (ni même sur le plan diplomatique, par ailleurs), on ne peut que s’interroger sur les mécanismes politiques et médiatiques qui font que de tels comportements n’empêchent pas à jamais de parler de pureté des armes. La qualité des victimes, peut-être?

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