L’aide militaire étatsunienne au Maghreb

Un article intéressant sur PBS.org sur les montants d’aide militaire versés par les Etats-Unis en 2010 et depuis 1946 mérite quelques commentaires. Si Israël est numéro 1 sur toute la période, l’Afghanistan reçevait plus en 2010, tandis que l’Egypte se trouve à la 3e place dans les deux cas – même si l’aide militaire étatsunienne n’atteint jamais le compte du ministère de la défense à la banque centrale égyptienne:

« The $1.3 billion that goes to the Egyptian army doesn’t really go to the Egyptian army. It goes to an account that stays in the U.S. for the Egyptian army to buy U.S. hardware, » said Farouk El-Baz, an Egypt-born scientist and administrator at Boston University who was an adviser to the late President Anwar Sadat.

Egypt is « totally dependent on U.S.-made military hardware, » El-Baz said, and has been since 1979, when what amounts to a U.S. monopoly on arms sales to Egypt was written into the Camp David Accords. Prior to that agreement establishing peace with Israel, Egypt’s military had been a Soviet client.

« The aid is recycled within the U.S., » said Mohammed Akacem, a professor of economics at the Metropolitan State University of Denver. Taxpayers give the money to the IRS, which disburses it to the Pentagon, which spends it with U.S. defense contractors.

The Egyptians then take the arms, which over the years have included the F-16 air-to-air combat fighter from Lockheed Martin and the M1A1 Abrams tank from General Dynamics.

« It’s what we used to call ‘tied aid’ back in the ’70s and ’80s, » said Akacem, referring to an aid agreement that stipulates that the recipient country must spend its aid money within the donating country.

Les montants versés à l’Egypte sont faramineux sur la période – plus de 57 milliards d’USD, même si ce montant pâlit par rapport aux 123 milliards d’USD versés à Israël.

Le cas de la Turquie est intéressant: si ce pays est 4e sur la période 1946-2010, avec 40 milliards d’USD soit 6,11% du total de l’aide militaire à l’étranger, il ne reçevait que 5 millions d’USD en 2010, soit 0,04% seulement de l’aide militaire US à l’étranger cette année-là.

On retrouve d’autres surprises – le Soudan reçevait ainsi près de 127 millions d’USD en 2010 – mais c’était avant la sécession du Sud-Soudan, effective en 2011, et on peut peut-être présumer que l’aide militaire allait aux forces du SPLA constituant l’ossature de l’armée du Sud-Soudan plutôt que l’armée du nord, dirigée par le président Omar Bachir, dont les Etats-Unis ont obtenu qu’il soit inculpé par la Cour pénale internationale, sur saisine – en 2005 – du Conseil de sécurité. Le Venezuela reçoit quant à lui 329.000 USD et la Chine 190.000 USD – dans ces deux cas, on peut présumer qu’il s’agit de la formation d’officiers de ces pays aux Etats-Unis ou des activités assimilées. Le montant que ne parviens absolument pas à comprendre ce sont les 127 millions d’USD pour la Russie en 2010 – si quelqu’un a des explications à ce sujet, je suis preneur…

Voyons de plus près les montants pour le Maghreb, d’abord en 2010 puis sur la période 1946-2010:

2010:

1- Tunisie $20,313,000

2- Maroc $12,322,247

3- Algérie $1,015,000

4- Libye $469,000

5- Mauritanie $407,000

1946-2010:

1- Maroc $2,334,870,797

2- Tunisie $1,776,127,354

3- Libye $99,662,397

4- Algérie $10,459,519

5- Mauritanie $4,453,616

Quelques remarques:

  • Globalement, le Maghreb est une région peu importante dans le cadre de l’aide militaire US – au total, les 5 Etats du Maghreb ont reçu ensemble 0,67% de l’aide militaire globale des Etats-Unis de 1946 à 2010 – et cette importance est en chute libre, puisque ces 5 Etats ne totalisaient que 0,22% du total de l’aide militaire US en 2010. L’Egypte reçoit en trois ans ce que le Maghreb a reçu de 1946 à 2010. Ca choquera quelques Marocains et peut-être surtout quelques Algériens, mais le Maghreb n’est pas, militairement et stratégiquement parlant, au coeur de la vision US sur le monde qui les entoure – encore que l’évolution de la Libye pourrait changer la donne, même si l’aide militaire à strictement parler ne semble pas d’actualité pour cet Etat pétrolier.
  • Si le Maroc est le premier bénéficiaire de l’aide militaire US en valeur absolue, la Tunisie est bien évidemment la première par habitant, sa populationétant un tiers de celle du Maroc;
  • Maroc et Tunisie, tous deux au régime conservateur sur le plan politique, libéral en matière économique et pro-occidental (depuis 1961 pour le Maroc) se partagent 97% du total de l’aide militaire US sur la période;
  • La Libye et l’Algérie ont reçu très peu – pas seulement en raison de leur régime politique et des choix diplomatiques qui en ont découlé, mais aussi surtout en raison de leur caractère d’Etats rentiers, avec de très fortes entrées de devises en raison d’exportations d’hydrocarbures. Ceci n’empêche pas des liens sécuritaires très bons entre l’Algérie et les USA;
  • La Mauritanie paie bien évidemment des choix politiques malheureux vu de Washington – l’alignement sur l’Irak en 1991, et sans doute aussi une très faible capacité d’absorption de ses forces armées, de très loin le splus faibles des cinq Etats maghrébins;
  • Ces chiffres devraient être complétés par les statistiques de ventes d’armes sur la même période pour donner une image complète des liens militaires avec les Etats-Unis – mais ça ne bouleverserait pas véritablement le classement, car la Tunisie et surtout le Maroc s’équipent auprès des Etats-Unis mais également auprès d’autres pays de l’OTAN – surtout la France et l’Espagne pour le Maroc.On constate, à lire les statistiques de SIPRI sur la période 1950-2012, que l’Algérie a acheté 20 de ses 24 milliards USD d’armes auprès de l’URSS/Russie; pour la Tunisie, sur 1,9 milliards d’USD d’achats d’équipements militaires sur la même période, 768 millions d’USD sont achetés aux USA, 482 millions à la France, 217 à l’Allemagne et 134 à l’Italie – les pays OTAN ou UE représentent 96% des achats d’armement tunisiens; la Mauritanie, qui n’a dépensé que 323 millions d’USD sur cette période, en a acheté environ un tiers hors UE/OTAN, mais son premier fournisseur est la France, son deuxième l’Espagne et son troisième la Chine. Pour la Libye, les compteurs explosent: 31 milliards d’USD d’achats d’équipement militaire, avec la part du lion détenue par l’URSS/Russie, avec 23,5 milliards, et une honorable deuxième place pour la France (3,3 milliards) et une troisième place à l’Italie (1,4 milliards), des chiffres probablement en voie de changer avec le changement de régime. pour le Maroc, qui n’a pas la rente hydrocarbures de la Libye ou de l’Algérie, le montant n’est « que » de 9,5 milliards, dont 90% achetés auprès de fournisseurs OTAN ou UE, la France (3,4 milliards) et les Etats-Unis (3,3 milliards) étant au coude à coude, loin devant les Pays-Bas (508 millions) et l’espagne (500 millions). On notera les faibles montants, pour ces cinq pays, des ventes britanniques et allemandes.
  • Plus intéressant encore pour la pérennité des liens militaires, la formation des militaires est probablement l’élément le plus efficace pou nouer des liens personnels et politiques entre armées étrangères (d’où l’active politique marocaine de formation de militaires de pays francophones d’Afrique de l’Ouest, notamment à l’Académie royale militaire de Dar Beida à Meknès). On sait le rôle politique fondamental dans le régime politique algérien de l’armée, des anciens officiers de l’armée française ayant rejoint le FLN (assez tard pour certains…) – les DAF, alors que la majeure partie des officiers des générations ultérieures aura été formée en Egypte ou en URSS. Si les autres armées maghrébines ne semblent pas traversées par des rivalités aussi prononcées, difficile de se pronconcer là-dessus en l’absence de données chiffrées et crédibles;
  • Enfin, les liens avec l’OTAN – si on sait que le Maroc est le seul des 5 pays maghrébins à être officiellement un « major non-NATO ally » aux yeux du gouvernement étatsunien, l’OTAn a lancé en 1994 le Dialogue méditerranéen, qui vise – selon son document de base – à nouer des relations de coopération militaire et politique avec les pays méditeranéens. Quatre des cinq pays maghrébins en font partie, à l’exception de la Libye, invitée à participer en 2012 cependant. De nombreux exercices et manoeuvres communs ont ainsi été menées entre armées de l’OTAN et armées maghrébines, surtout le Maroc mais également l’Algérie.

Impérialisme humanitaire: réaction de Jean Bricmont

Ce n’est pas tous les jours que l’auteur d’un livre critiqué sur un blog réagit, dans les commentaires, à la critique, positive ou négative, de son ouvrage. Jean Bricmont l’a fait suite à ma note de lecture sur son livre « Impérialisme humanitaire ». Il me paraît dès lors de bonne guerre de publier sa réaction ici:

Il n’est peut-être pas approprié pour un auteur de mettre un commentaire sur un compte rendu de son propre livre, mais je me sens obligé de souligner que mon opposition à la guerre du Kosovo n’a rien à voir avec “l’argument manichéen” donné ici. Idem pour Mandel ou Chomsky. Pour ce qui est du livre de D. Johnstone auquel je fais référence, il est très nuancé et contient une masse d’informations en général inconnues. Le TPIY est une institution hautement politisée, à ne pas confondre avec le Tribunal (permanent) de La Haye, qui sera bientôt fermée et qui a essentiellement servi à justifier la politique occidentale en Yougolavie.

Il y a une tendance regrettable chez certains, qui sont lucides lorsqu’il s’agit de démonter la propagande occidentale en ce qui concerne la Palestine ou l’Irak a accepter cette propagande à propos des Serbes ou des Russes, parce que les victimes sont “musulmanes”. Malheureusement, c’est la même machine de propagande dans tous les cas.

Finalement, puisqu’il y a des commentaires sur ma “philosophie”, je veux préciser que je ne suis pas spécialement marxiste-je suis plutôt proche du matérialisme français des Lumières, de l’empirisme anglais et du positivisme moderne (y compris Russell). En général, je défends une approche matérialiste et scientifique du monde (mais, basée sur les sciences de la nature, ce qui est très différent du marxisme).

Je ne sais pas si j’ai un complexe d’infériorité, mais je regrette que tous ceux qui crachent sur la laicité à la française n’aient pas pu connaître la Belgique catholique et arriérée de mon enfance, et ne puissent pas bénéficier des divisions communautaires incessantes de la Belgique contemporaine.

Mes commentaires:
1- Sur la vision manichéenne, elle est peut-être exprimée de manière caricaturale sous ma plume. Je maintiens cependant que je note une tendance à édulcorer le tableau très noir de l’ère Milosevic, que ce soit par réaction à la propagande parfois excessive à son encontre dans les médias des pays sous obédience de l’OTAN. Cette tendance est manifeste chez Diana Johnstone dans ses écrits – par exemple « Srebrenica revisited« , assez exemplaire dans sa volonté de charger la barque bosniaque et de délester celle du gouvernement serbe. Sur le génocide de Srebrenica, il y a un jugement du Tribunal pénal international de l’ex-Yougoslavie (TPIY) dans l’affaire Krstić (IT-98-33)pris après débat public et contradictoire, dans le respect des droits de la défense, par des magistrats indépendants.

2- Justement, au sujet du TPIY, il y aurait beaucoup à dire, et à pas seulement à l’actif de cette cour internationale. Il y a eu des décisions proprement scandaleuses, principalement du fait du bureau du procureur du TPIY, refusant d’enquêter sur les évidents crimes de guerre de l’Otan durant la guerre illégale contre la Serbie en 1999 – par exemple le bombardement du bâtiment de la radio et télévision publiques serbes, c’est-à-dire une cible civile, bombardement classé sans suite. Il y a également la police des débats lors du procès de Milosevic, que Michael Mandel décrit en partie dans son livre, qui est également hautement condamnable, en dépit des difficultés occasionnées à dessein par un accusé refusant le bénéfice d’un avocat et menant une défense folklorique. Mais peu de tribunaux, y compris nationaux, pourraient se prévaloir d’un palmarès meilleur – le TPIY peut paraître bancal – surtout s’agissant de l’absence réelle d’indépendance des procureurs – quand on le compare à une justice idéale, moins quand on le compare à la justice des Etats démocratiques, qui ne font guère mieux. Toujours est-il que le discours lénifiant des défenseurs du TPIY qui refusent toute critique est aussi erroné, à mon sens, que celui de ceux qui lui dénient tout mérite. Et si on se félicite de la Cour pénale internationale, on ne doit oublier que le TPIY fût le premier pas concret vers sa création depuis le procès de Nuremberg.

3- Je veux bien concevoir qu’il y ait de la propagande au sujet des actions russes en Tchetchénie ou Serbes en Bosnie. Mais il ya malheureusement une réalité dans les deux cas: des violations massives des droits de l’homme et du droit international humanitaire. Ce point n’est d’ailleurs pas nié par des militants des droits de l’homme serbes et russes. Et il conviendrait de distinguer clairement les deux situations: la Russie ne subit aucune autre conséquence de ses violations massives des droits de l’homme et du droit international en Tchétchénie que quelques éditoriaux et discours de fin de banquet, tandis que la Serbie a effectivement dû subir une agression militaire illégale. On peut ainsi estimer que l’agression de l’OTAN en 1999 était illégale sans considérer pour autant que la Serbie a été la victime d’affabulations médiatiques s’agissant de la façon dont elle a traité ses minorités et agressé la Bosnie – ce n’était après tout pas l’armée bosniaque qui faisait le siège de Belgrade. Et le fait qu’il soit recouru à de la propagande contre les actions d’un gouvernement ne disqualifie pas toute critique à son encontre – après tout, il faut bien reconnaître qu’il y a des actions de propagande contre les Etats-Unis ou Israël, ce qui ne disqualifie pas toute critique contre ces deux pays.

4- Pour continuer sur le point précédent, le fait qu’il y ait traitement inégal des violations des droits de l’homme selon les pays – par exemple entre le traitement des kurdes en Turquie et des kosovars en Serbie – ne doit pas amener à passer l’éponge dans un cas, mais plutôt à demander un traitement égal à violation égale.

5- Je prends acte de vos éclaircissements sur vos sources d’inspiration philosophiques.

6- J’ai été en vérité assez choqué par l’article, reproduit dans votre lvire, et consacré à la France, qui en faisait une présentation idéalisée au-delà de toute réalité, me semble-t-il. L’idéologie laïque française étouffe sous un voile hypocrite les très réelles divisions, discriminations et exclusions de la société française, notamment – voire surtout – celles qui sont d’ordre ethnique – l’identité musulmane en France est de cet ordre-là. Je comprends fort bien que l’exacerbation communautaire en Belgique fasse apprécier le jacobinisme français, mais l’inverse est presque – j’exégère bien évidemment – aussi vrai, du moins pour ceux qui sont du mauvais côté de l’orthodoxie républicaine française. Dans la réalité des faits, la laïcité est l’instrument-étouffoir permettant aussi bien d’écarter toute mesure des discriminations que d’offrir aux victimes de celles-ci des recours sérieux et efficaces – sans parler des atteintes aux libertés individuelles discriminatoires qu’elle permet de justifier aux dépens de certains musulmans.

Never trust a journalist, part 2598

Lu dans l’International Herald Tribune:

In many cases, these sales represent a cultural shift, as nations like Romania, Poland and Morocco, which have long relied on Russian-made MIG-17 fighter jets, are now buying new F-16s, built by Lockheed Martin.

Funny: last time I checked, la dernière fois que le Maroc avait acheté de l’équipement militaire lourd – avions, hélicoptères, chars, navires – c’était sous Mohammed V, et notamment ces Mig 17. Et voilà que l’International Herald Tribune place le Maroc aux côtés de la Pologne et de la Roumanie, membres du Pacte de Varsovie plus d’un quart de siècle après la livraison du dernier armement soviétique au Maroc, et alors que les Mig 17 achetés par le Maroc sont exposés dans des musées depuis également un quart de siècle…

Et s’il en est ainsi dans un domaine où l’on est en mesure d’exercer un minimum d’esprit critique, qu’en est-il dans d’autres domaines?

Toujours dans le même domaine russo-maghrébin, un autre article sur l’inquiétude occidentale face à l’activité commerciale russe en Afrique:

Northern Africa is already an especially important alternative source for European countries that fear over-reliance on Russian energy.

« Quietly, but with rising amounts of panic, we’re hearing officials from major European governments complain about what the Russians are doing, » said Jon Marks, editorial director of the industry newsletter Africa Energy.

Russia’s push goes beyond traditional allies that it supplied with weapons and money during the Cold War.

One of its biggest trading partners in Africa is Morocco, a staunch U.S. ally that supplies Russia with mineral phosphates consumed in large quantities for fertilizer.

But Russia also has shown that it wants to keep strong ties with Algeria, a former ally and a neighbor and rival to Morocco. The Kremlin agreed in 2006 to write off $4.7 billion of Cold War-era debt in exchange for a deal to sell Algeria combat jets, submarines, warships and missiles.

Géorgie: « Comment prendre sérieusement, Paris, accusé de complicité de génocide, ou Washington, envahisseur illégal d’un pays? »

Bien vu par le politologue turc Soli Ozel:

I support the independence of Kosovo. I find the Russian assault against Georgia illegal and disproportionate and I think the Kremlin’s regime is brutal. But then again, would anyone take seriously Paris, whose complicity in the Rwandan genocide was recently reiterated, or Washington, which invaded a country (illegally and illegitimately by the judgment of most of the world) and made torture legal, when they accuse Russia of anything? So for every country that wants to contain Russia you may find one or two that see it as a counterweight to the United States and a good response to Western conceit. What I am getting at is the question of legitimacy. The West has lost the upper hand on this because of double standards and increasingly misplaced arrogance, not to mention the lack of a coherent strategy supported wholeheartedly on both sides of the Atlantic.

Soulagement et satisfaction


Bizarrement, alors que je suis en général assez tendu durant les matches, je ne l’ai été que très peu au début de Suède-Russie, et pas du tout au bout de quelques minutes de jeu. Même si je souhaitais irrationnellement une victoire ou une égalisation suédoise, la défaite contre la Russie m’a pleinement satisfait, car elle implique surtout que la Suède évitera l’humiliation suprême que constituerait un 0-6 contre les Pays-Bas en quarts de finale.

C’est quand même bizarre. Un collègue me l’a dit ce matin: « tu portes la poisse« , pensant à la défaite marocaine contre le Rwanda à Kigali (1-3) et sans doute un peu au calamiteux parcours lors de la CAN au Ghana. Et à cet égard, le parallèlisme entre les performances marocaine et suédoise est parfait: victoire au premier match des poules (5-1 contre la Namibie, 2-0 contre la Grèce), puis défaites pitoyables et élimination au premier tour. Et si mon collègue avait raison?

J’ai une autre bonne raison d’être content: le chauvinisme de la presse sportive, et la méconnaissance totale du football moderne où le Malawi peut battre l’Egypte et les vice-champions du monde se faire sortir au premier tour avec un point et 1-6 en différence de buts. Après la défaite honorable contre l’Espagne, la presse suédoise estimait certaine la qualification pour le deuxième tour, via soit un match nul ou une victoire contre la Russie. Bien évidemment, aujourd’hui, elle est unanime dans sa demande d’une démission du sélectionneur Lars Lagerbäck, en poste depuis 1997 (il était alors sélectionneur assistant, puis co-sélectionneur depuis 2000 et sélectionneur unique depuis 2004). Ce chauvinisme sportif est particulièrement fort au Maroc, où le public ne comprendra pas que les Lions de l’Atlas ne battent pas le Rwanda 8-0 – rien ne m’irrrite tant. Il suffit d’aller sur le site des résultats officiels de la FIFA, de lire et de comprendre, comme le veut le vieux cliché, que « der Ball ist rund und das Spiel dauert 90 Minuten« …

Le site de la FIFA contient par ailleurs une fonction très intéressante, »face-à-face« , qui permet d’obtenir l’historique de toutes les confrontations – ou presque, car les statistiques de la FIFA ne sont pas toujours fiables, j’ai pu hélas m’en rendre compte – entre deux pays. Utile pour vos pronostics pour les quarts de finale de l’Euro 2008: ainsi l’Allemagne a, statistiquement parlant, l’avantage sur le Portugal, l’Espagne sur l’Italie (même si les victoires espagnoles sont toutes venues en matches amicaux et que l’Italie n’a jamais perdu contre l’Espagne en compétition), les Pays-Bas un léger avantage sur la Russie, et enfin la Croatie un très léger avantage sur la Turquie. La seule statistique qui me semble significative ici est que l’Espagne n’a jamais battu l’Italie en compétition…

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