Sud-Soudan et Israël: Les images, plus parlantes que les mots…

Le réferendum qui a lieu au Soudan pour déterminer l’avenir du pays – sécession du Sud, animiste et chrétien, ou maintien de l’unité d’un pays historiquement dirigé par les nordistes, arabes et musulmans – aura des conséquences intéressantes, y compris pour le Maroc – après l’exemple récent du Kosovo, voici un autre exemple de sécession – car l’issue du réferendum ne fait guère de doute – sanctionné par l’ONU. Comparaison n’est pas raison cependant: si le Kosovo et demain le Sud-Soudan – quel sera d’ailleurs le nom de ce nouveau pays, quelqu’un le sait-il? – sont formellement indépendants, c’est parce qu’ils l’étaient déjà dans les faits – au Kosovo après la guerre d’agression illégale de l’OTAN contre la Serbie en 1999, et au Sud-Soudan après une guerre civile de près d’un demi-siècle, conclue par une paix des braves en 2005. Rien de tel au Maroc: si le cessez-le-feu tient remarquablement bien depuis 1991, le Maroc contrôle plus de 80% du territoire contesté. Dans le cas du Maroc, contrairement à celui du Kosovo depuis 1999 ou du Sud-Soudan depuis des décennies, le statu quo n’implique pas la reconnaissance de la sécession et donc d’un Etat nouveau, mais plutôt celui de la souveraineté marocaine.

Une des ironies de cette affaire est que l’Union africaine, qui a comme membre la fantomatique « RASD », a jusqu’au bout tenté d’empêcher l’indépendance du Sud–Soudan, où existait pourtant un pouvoir de facto exercant le contrôle sur un territoire conséquent:

Most Africa hands agree that there was considerable international pressure on the African Union, the successor to the Organization of African Unity, to make southern Sudan an exception to the rule about preserving old borders.

Recognition is seen as a very, very bitter pill” at the union’s headquarters, said William Reno, a political scientist at Northwestern University. And Phil Clark, a lecturer in international politics at the School of Oriental and African Studies in London, said that until last year, “the A.U. mantra was that independence for the south would lead to further conflict.”

But the African Union, which needs the West to finance its peacekeeping missions, yielded in the face of enormous American and European support for the southern Sudanese — support rooted in perceptions that southerners have long been Christian victims of Muslim persecutors. (New York Times, 9/1/2011)

Et dans la suite de cette rubrique foutage de gueule, les déclarations du ministère des affaires étrangères algérien mettant en garde contre les conséquences négatives d’une sécession du Sud-Soudan:

Une éventuelle sécession au Soudan, suite au prochain référendum, pourrait avoir un effet de contagion et provoquer des situations de même nature dans d’autres pays du continent, a prévenu jeudi à Alger le ministre des Affaires étrangères, Mourad Medelci. « L’Algérie et la plupart des autres pays sont préoccupés par les risques d’un référendum qui pourrait diviser le Soudan en deux parties« , a affirmé M. Medelci qui intervenait sur les ondes de radio Chaîne III.

Donc, l’Algérie est – était – contre la sécession du Sud-Soudan? Peut-être, mais selon le Polisario, le « gouvernement du Sud-Soudan soutient le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et à l’indépendance« …

Compliqué, non?

Sinon, à qui le tour en Afrique? Un candidat est le Somaliland, qui fait officiellement partie de la Somalie mais qui est de facto indépendant depuis 1991 – mais ça pourrait ne pas s’arrêter, même si l’inclusion du Sahara n’est pas convaincant pour les raisons précitées:

Letting southern Sudan break free could also set a wide and unpredictable precedent — including for the Western Sahara, the Ogaden region in Ethiopia, the Cabinda enclave in Angola, and Congo. There is also Somaliland, the only functioning part of Somalia; it recently held elections followed by a peaceful transfer of power.

Michael Clough, who directed the Africa program at the Council on Foreign Relations in the 1990s, said he thought that the African Union did not play the same influential role it once did. He expects that local balances of power, more than anything else, will determine whether a putative state like Somaliland actually becomes independent. (New York Times, 9/1/2011)

Pour en revenir au Sud-Soudan, un des aspects fondamentaux du conflit a été le soutien longtemps donné, initialement par le Congrès étatsunien, aux sécessionistes du Sud: derrière cela, la solidarité confessionnelle et l’engagement des évangélistes, sensibles au sort de leurs coreligionnaires du Sud-Soudan. Cette solidarité était sans doute exacerbée depuis 1989 par l’existence d’un pouvoir central soudanais islamiste, hostile aux Etats-Unis et accueillant alternativement Carlos (le terroriste, pas le chanteur) et Osama Ben Laden, sans compter l’hostilité du Soudan envers Israël. De plus, la présentation médiatique d’un nord « arabe » contre un sud « noir » a également permis l’émergence d’un réel mouvement de solidarité avec le Sud-Soudan auprès des afro-américains, notamment au Congrès, où on assiste à une alliance contre nature entre représentants et sénateurs républicains évangélistes et représentants et sénateurs afro-américains (le fameux Black caucus du Congrès) de l’aile gauche du parti démocrate.

Bien évidemment, comme lors de chaque événement d’envergure dans le monde arabe, on y voit aussi la main d’Israël (je vous ai parlé des requins du Mossad?). Il est clair qu’Israël ne pleurera pas es larmes de sang lorsque le Sud-Soudan déclarera son indépendance, le président probable de ce pays, Salva Kiir, étant généralement perçu comme voulant entretenir des relations diplomatiques avec l’entité sioniste. Mais le soutien d’Israël à la sécession du Sud-Soudan doit être pris pour ce que c’est: le soutien à l’ennemi d’un ennemi. Dire qu’Israël est derrière la sécession du Sud-Soudan c’est nier les décennies de guerre civile.

Mais nier qu’Israël a eu un rôle certain dans la sécession et que le Sud-Soudan en deviendra probablement un obligé est également excessif – plus que des dissertations sur la question, quelques images suffisent (hat-tip @3Beee):

Scène de célébration au Sud-Soudan à l'approche du réferendum de sécession...

Des réfugiés soudanais à Tel Aviv s'apprêtent à voter au réferendum de sécession...Des réfugiés du Sud-Soudan à Tel Aviv

Sinon, pour en savoir plus sur la sécession à venir du Soudan et la situation politique qui y règne, je vous conseille les rapports de l’International Crisis Group.

Israel and European fascists, or with enemies like that who needs friends…

Frank Vanhecke est parlementaire européen du parti post-fasciste belge – flamand plutôt, puisqu’il est séparatiste – Vlaams Belang, qui est le nouveau nom du Vlaams Blok (le parti dût changer de nom en 2004 pour garder son financement public par l’Etat belge suite à une décision de justice le déclarant non-démocratique – eh oui, l’Etat belge finance un parti qui souhaite sa disparition). Le Vlaams Blok fût fondé par Karel Dillen, ancien SS et nationaliste flamand ultra. Le Vlaams Belang, malgré des tentatives désespérées de se couper de son nazisme et antisémitisme initial pour se cantonner dans une xénophobie et une islamophobie finalement mieux acceptées, garde les stigmates du passé, indélébiles, en dépit des bonnes relations maintenues depuis des années entre ce parti et l’influente communauté juive anversoise.

Comme l’extrême-droite de la plupart des pays européens, le Vlaams Belang est traversé par une lutte interne intense entre pragmatiques – qui souhaitent se cantonner dans une xénophobie et une islamophobies lights, compatibles finalement avec une frange importante de l’opinion européenne, tout en souhaitant en finir avec l’embarassant fétichisme du passé fasciste, nazi et antisémite – ces fétiches impliquant une quarantaine politique absolue, contrairement à la xénophobie ou à l’islamophobie – ainsi, le Dansk Folkeparti, parti danois fortement xénophobe et surtout islamophobe, fait partie de la majorité parlementaire du premier ministre danois Anders Fogh Rasmussen. En Italie, les post-fascistes d’Alleanza Nazionale font ménage commun avec Berlusconi et les régionalistes racistes de Lega Nord, tandis qu’en post-fasciste non-repenti a été élu maire de Rome à la tête d’une coalition de droite.

Jusqu’où les post-fascistes sont-ils prêts à aller pour se faire accepter? Jusqu’en Israël (comme la petite-fille du Duce, Alessandra Mussolini, favorable tant à Israël qu’à son grand-père): Frank Vanhecke déclare ainsi au quotidien Haaretz, dans un article intitulé « Belgian far right leader: I am one of Israel’s staunchest defenders« , son amour pour l’Etat sioniste:

« They say I’m antisemitic when the truth is I am one of Israel’s staunchest defenders in the European Parliament. I invite you to read my queries to the European Parliament concerning its unjust treatment of Israel, and about the support the same parliament is giving to Palestinian murderers. »

Vanhecke went on to say he thinks of himself as « a defender of Israel and of the Jewish people, » adding: « Israel stands for the spirit that we stand for; liberty and self-determination« .

Ce n’est pas nouveau: déjà, Filip Dewinter, homme fort du parti, avait appelé l’électorat juif de Flandre, et surtout d’Anvers, à voter pour le Vlaams Belang pour lutter contre l’ennemi commun, l’islam, non sans succès:

Filip Dewinter fait la part des choses...

Filip Dewinter fait la part des choses...

One of the most successful extreme-Right leaders in Europe, Filip Dewinter, recently called on the Jewish public to join his campaign against radical Islam and support his party.

Dewinter heads Belgium’s Vlaams Belang party, which advocates strict limits on immigration and has been denounced as xenophobic.

The politician called Antwerp’s large Jewish community a natural partner “against the main enemy of the moment, radical Islamic fundamentalism,” according to a report in The Independent.

La politique étrangère du Maroc est désintéressée

Si, si, c’est absolument vrai. Prenez le cas de l’indépendance du Kosovo, province serbe sous administration de l’ONU (et de facto des Etats-Unis et de leurs alliés européens), récemment proclamée par les autorités locales. La liste des pays – 50 seulement – ayant reconnu l’indépendance du Kosovo est parlante: 21 Etats membres de l’OTAN, qui avait illégalement agressé la Serbie en 1999, et plusieurs alliés des Etats-Unis. Bien évidemment, le Kosovo indépendant ne peut adhérer à l’ONU en raison du veto russe (et chinois, sans doute), qui pour différentes raisons n’apprécie quère le séparatisme – du moins lorsque ce séparatisme se manifeste ailleurs qu’en Géorgie, et l’opération semble bien être instrumentalisée par les Etats-Unis et des pays européens

Le Maroc, fidèle à sa tradition, a courageusement ouvert le robinet d’eau tiède. Il a décidé de ne pas se prononcer sur la question. Et pourtant, il n’a pas échappé, même aux personnes les plus fermées aux choses de l’esprit, que la question du séparatisme et de la défense de l’intégrité territoriale semblait revêtir de l’importance aux autorités marocaines. La cohérence aurait dès lors dicté de prendre toutes décisions et positions en vue de faire respecter ce principe, tant s’agissant des provinces du sud que d’autres territoires. Par exemple, contre la déclaration d’indépendance unilatérale du Kosovo.

Bien évidemment, cela aurait déplu au parrain étatsunien du Maroc.

Or, il se trouve qu’à l’initiative de la Serbie, l’assemblée générale de l’ONU a décidé de saisir la Cour internationale de justice sise à La Haye sur la légalité de la proclamation d’indépendance unilatérale du Kosovo. Devant cette occasion de marquer sa position de principe pour le principe de l’intégrité territoriale et contre tout séparatisme, le Maroc, n’écoutant que son seul courage, a choisi de s’abstenir, choisissant l’alliance étatsunienne devant l’intérêt national.

Bravo, superbe exemple de désintéressement! Ca rappelle l’internationalisme prolétarien de naguère, ou l’hospitalité bédouine – le Maroc préfère sacrifier ses intérêts plutôt que de peiner un « ami »…

Ceci étant, le voisin de l’Est, fanatique soutien du séparatisme du Polisario au Sahara marocain, au nom du droit à l’autodétermination, a choisi d’ignorer ce dernier, et de rejoindre le camp des pays faisant primer l’intégrité territoriale, au nom de la cohérence sans doute:

The representative of Algeria said he firmly backed the work of the Court, and believed in the primacy of international law in international relations. The draft contained no elements of a political or controversial nature, and it was the prerogative of any State to request an advisory opinion. For that reason, it would vote in favour of the resolution.

Fabuleuse légalité internationale que voilà, qui selon Alger cautionne le séparatisme au Maroc et l’intégrité territoriale en Serbie…

Etudiez la liste des 77 pays ayant soutenu l’initiative serbe de saisine de la Cour internationale de justice – ce sont soit des pays non-alignés ou des pays ayant des problèmes d’intégrité territoriale. La liste de 6 pays ayant voté contre est caricaturale: outre le cas de l’Albanie, dont on comprend fort bien l’attitude, il y a les Etats-Unis, les Iles Marshall, la Micronésie, Nauru et Palau. Les 76 pays s’étant abstenus comprend principalement des pays européens et alliés des Etats-Unis, dont le Maroc, lAfghanistan de Hamid Karzaï et Israël. L’irak, confronté au séparatisme kurde, avait judicieusement choisi d’être absent lors du vote…

Pour le fun, il serait marrant de connaître l’attitude du Polisario sur cette question…

Hat-tip: International Law Observer.

Sahara: El Bachir Mustapha Essayed sort de l’ombre

Un article intéressant tiré du Soir du 7 août 2008 (p. 3) – encore un journal marocain qui boycotte Internet:

Sahara: El Bachir Mustapha Essayed sort de l’ombre

El Bachir Mustapha Essayed signe sa première sortie politique après des années passées à l’ombre. Mis à l’écart ces derniers temps, l’ancien dirigeant du Polisario conduit actuellement une « caravane de l’intifada » qui sillonne les camps du sud algérien. « C’est une sortie à fort contenu politique de l’idéologue le plus radical du régime« , souligne une source sahraouie. « C’est à la fois un message aux séparatistes de l’intérieur comme aux sympathisants et porteurs des thèses indépendantistes de l’extérieur comme aux négociateurs« , ajoute notre source.

La sortie de l’homme est significative à plusieurs égards. Elle présage en effet d’une éventuelle participation de Mustapha Essayed au 5eme round des négociations qui aura probablement lieu en septembre prochain. « Tout porte à croire que l’ancien dirigeant du Front fera partie de l’équipe des négociateurs. Ce qui donnera un tournant nouveau, voire décisif à cette nouvelle étape des pourparlers« , souligne la même source. Les observateurs le présentent en effet comme le seul séparatiste capable de produire un discours pragmatique à même de sortir le dossier de l’impasse. Et sa participation aux négociations aboutira certainement à une solution sinon définitive du moins très avancée. Seulement, souligne-t-on, exigeant comme il l’est, et en gage de confiance, « il demanderait certainement que le niveau des négociations soit porté à un rang supérieur. Il n’accepterait pas de négocier avec la même équipe marocaine qui a conduit les quatre premières étapes des pourparlers« .

Pour l’heure, sa seule participation aux négociations est en soi une véritable avancée dans le dossier. Cette sortie, largement répercutée par l’agence officielle du Polisario, est également un signe patent du malaise qui caractèrise actuellement la situation interne dans les camps, fait-on observer. Elle traduit en outre la portée des pressions qu’ont exercées dernièrement les puissances occidentales, l’Espagne, la France et l’Allemagne en l’occurence, sur le régime des séparatistes pour évoluer vvers une solution définitive du conflit. Ce qui est sûr, fait-on noter, c’est que cette sortie et ce qui en découlera dans les jours à venir va dans le sens de conforter la position marocaine.

Essayed, donné à une certaine époque comme « projet de rallié », avait même été obligé de s’offrir, à ses propres frais, une résidence à Tindouf, signe de loyalisme envers l’Algérie. Les réunions de la direction du front auxquelles il a participé ces dernières années finissaient souvent par de virulentes prises de bec. Toutefois, laisse entendre une autre source, « M. Essayed est certes l’homme le plus rationnel et le plus réaliste du régime, le plus indépendantiste aussi, mais il ne peut pas, pour autant, conduire un courant indépendant du Front qui nuirait aux intérêts de l’Algérie dans la région« .

A suivre…

Infos sur la situation à Ifni au 20 août

Pour commencer, la synthèse de Spy Jones sur les émeutes de juin (ou mouvement social, tel que le décrit le tract clandestin islamo-gauchiste La Vie économique), ainsi que le rapport (version française) de l’OMDHj’avais émis des réserves à l’encontre de la façon dont l’OMDH et la FIDH avaient présenté ce rapport et exclu catégoriquement la commission de tout viol (il me paraît en effet impossible de prouver un fait négatif en matière criminelle). On lira également la lettre publique de l’OMDH au ministère de la justice, soulignant la passivité prévisible de l’appareil judiciaire devant les nombreux cas d’exactions policières (voire même d’exactions émanant de manifestants, comme la tentative avortée de brûler vif (!) un caïd).

Basta présente quelques vidéos sur les émeutes d’hier et avant-hier.

La presse officieuse prépare le mouton en poussant des hululements de joie: « Les manifestants ont été dispersés sans violence excessive » nous apprend Aujourd’hui le Maroc, tandis que les islamo-nihilistes à la solde d’Alger – sans doute un groupe stay-behind du réseau Bellirajsont avertis:

le Ministre de l’Intérieur Chakib Benmoussa avait déclaré, mardi matin lors de sa venue au port de Sidi Ifni pour prendre la mesure de la situation, que les émeutiers seraient traités « avec la fermeté requise »

On goûtera également les fortes paroles d’Ahmed Akhennouch, président de la région Souss-Massa-Draa dont dépend Ifni (une des revendications des manifestants est justement de ne plus dépendre d’elle mais de Guelmim-Smara), ministre de l’Agriculture et de la Pêche maritime, richissime homme d’affaires et réputé très proche du Palais, qui a intimé aux indigènes de « saisir la portée de cette réalité objective » qu’est le développement du port d’Ifni. Et ça, c’est aussi une réalité objective?

Le Matin exulte: « Sidi Ifni: Retour à la normale dans le port de la ville« .

Pendant ce temps, la presse gouvernementale (eh oui, Al Bayane est l’organe du PPS, qui a notamment le poste de ministre de communication et porte-parole du gouvernement) soulignait la lenteur de la commission d’enquête parlementaire ad hoc, dont le rapport ne devrait être débattu au parlement qu’après le ramadan, soit en octobre.

Certains nihilistes abreuvés à Al Jazira à longueur de journée tentent de faire accroire que la justice marocaine n’aurait pas été fidèle à sa réputation d’institution rapide, efficace et juste. J’ai le plaisir d’apporter le plus cinglant démenti à ces rumeurs ordurières:

Report au 26 août de l’examen du procès de Brahim Sbaalil

La Cour d’appel de Salé a décidé, mardi, de reporter au 26 août courant l’examen du procès de Brahim Sbaalil, membre du bureau national du Centre marocain des droits de l’homme (CMDH) poursuivi pour « outrage aux autorités publiques en faisant état de crimes fictifs », lors des incidents de Sidi Ifni.
La Cour a également refusé la demande de sa mise en liberté provisoire formulée par la défense.
Le tribunal de première instance de Rabat avait condamné le 10 juillet dernier Sbaalil à une peine de six mois d’emprisonnement assortie d’une amende de 1000 dirhams. L’accusé, jugé en vertu des dispositions de l’article 264 du Code pénal, avait été arrêté après une conférence de presse tenue le 26 juin dernier à Rabat au cours de laquelle il a fait état de « morts, de cas de disparition et de viols » lors des incidents de Sidi Ifni, qualifiant l’intervention des forces de l’ordre contre les fauteurs de troubles de « crimes contre l’humanité ». Sbaâlil avait été condamné par le tribunal de première instance de Rabat à verser une amende de 50 000 dirhams dans le cadre d’un autre dossier, où il comparaissait aux côtés du directeur du bureau de la chaîne de télévision qatarie Al Jazeera à Rabat, conformément à l’article 42 du Code de la presse, pour « diffusion de fausse information ».

Al Bayane 6/8/2008

Enfin, les inconditionnels des séparatistes, prompts à comparer la situation du Sahara marocain avec celles des territoires palestiniens occupés – noteront avec étonnement que la principale revendication des populations d’Ifni est le rattachement à une région – Guelmim-Smara – dont la capitale régionale est dans le territoire du Sahara marocain. Motif:

Selon des sources sur place, la frustration des habitants de Sidi Ifni est à la hauteur du délabrement que vit la ville. Des conditions qui poussent les Baâmranis à demander le rattachement de la ville à la région de Guelmim-Smara pour bénéficier des faveurs qu’accorde le régime aux populations sahraouies.

Ceci avait déjà été relevé précédemment par Tel Quel:

Séparatisme. Du grabuge à Ifni et Guelmim

Un correspondant de l’Association du Sahara marocain nous rapporte que la ville de Sidi Ifni, fief de la tribu des Aït Baâmrane, a été le théâtre d’un mouvement de contestation, le 29 janvier. Les manifestants, qui ont assiégé la bachaouiya de la ville, ont scandé des slogans – revendications d’ordre socio-économique : construction d’un port, transformation de la bachaouiya en préfecture, gratuité des soins, subventions sur les produits alimentaires… En somme, ils ont demandé les avantages généralement accordés aux habitants du territoire disputé dont ils ne font pas partie. Le 6 février, à Guelmim, une nouvelle manifestation a eu lieu devant le siège de la wilaya. “La distribution des cartes d’entraide nationale (ndlr : ces cartes sont monnaie courante au Sahara et valent à leurs nombreux bénéficiaires des indemnités oscillant entre 1000 et 1200 DH par mois) n’a pas bénéficié à tout le monde, c’est ce qui a provoqué la colère des habitants”, nous explique une source locale. Mal contenue par les forces de l’ordre, la manifestation s’est transformée en slogans séparatistes. Rappelons que pas plus Guelmim que Sidi Ifni, ne font partie du territoire (du Sahara) disputé.

Si l’en doit en croire la tortueuse logique des séparatistes et de leurs supporters, la situation des populations du Sahara marocaine serait celle d’une exploitation et d’une colonisation – à telle enseigne que les populations du territoire prétendument exploiteur et colonisateur demandent à être assimilés auxdites populations colonisées et exploitées… Le Sahara, territoire tellement exploité et colonisé que les colons demandent à subir le sort des colonisés – Descartes n’est pas séparatiste!

« principal parti d’opposition au Maroc, Ennahj Eddimocrati (la voie démocratique) »

Je croyais connaître un peu la scène politique marocaine, mais non, j’en apprends toujours tous les jours – et ceci, en tombant sur un pamphlet séparatiste dans « La Tribune d’Algérie« :

Au sud du Maroc, c’est la ville de Tarfaya qui a également été le théâtre des mêmes manifestations appelant à l’indépendance, entraînant le quadrillage des principales rues de la ville par les forces de sécurité.

Toujours dans le sud du Maroc, dans la ville de Goulimine précisément, des drapeaux sahraouis ont été plantés sur les édifices des établissements scolaires et des slogans annonçant la solidarité avec les citoyens de Sidi Ifni ont été lancés. Cette ville, rappelons-le, a été, il y a quelques jours, le théâtre d’un soulèvement de sa population pour manifester contre les conditions de vie, lequel soulèvement a été suivi d’une répression féroce de la part des forces marocaines. Face à la dégradation de la situation dans les territoires occupés et au sud du Maroc, le principal parti d’opposition au Maroc, Ennahj Eddimocrati (la voie démocratique) a réagi pour dénoncer «avec force» la répression et les arrestations perpétrées par les autorités marocaines contre les militants sahraouis, rapporte toujours SPS.

Si c’est ce sont les frères de La Tribune d’Algérie et le « Sahara Presse Service » qui le disent…

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