Le sionisme est une valeur canadienne

« If you’re going to label Israel as Apartheid, then you are also… attacking Canadian values » (Haaretz) – Peter Shurman, parlementaire conservateur canadien du parlement de l’état de l’Ontario, au sujet de l’Israeli Apartheid Week.  Il sous-entend même que déclarer qu’il y a une situation d’apartheid en Israël/Palestine est au-delà de la ligne rouge séparant les opinions acceptables et la provocation à la haine raciale (« hate speech« ):

« The use of the phrase ‘Israeli Apartheid Week’ is about as close to hate speech as one can get without being arrested, and I’m not certain it doesn’t actually cross over that line »

Il devrait en parler à Ehud Barak, ministre de la défense d’Israël, qui est la dernière personnalité israëlienne en date à parler de risque d’apartheid en Israël/Palestine. Un juif ayant la haine de soi, sans doute. Et parler d’apartheid pour qualifier la situation actuelle en Israël/Palestine n’expose pas encore à des poursuites pénales en Israël. Le Canada serait-il le dernier Etat sioniste? En même temps, ce qui se passe en Palestine n’est pas sans rappeler le sort des autochtones du Canada

Tzipi Livni reçue les bras ouverts au Maroc et poursuivie au Royaume-Uni

Il faut décidément boire le calice jusqu’à la lie s’agissant de la politique étrangère du plubopaysdumonde: alors que la criminelle de guerre israëlienne Tzipi Livni – elle se dit « fière » de toutes ses décisions durant la guerre contre Gaza (1) –  se pavanait à Tanger sous les hourras de la presse officieuse marocaine (« la protestation semble relever de l’excès de zèle, vu que la présence de Livni n’a jamais été confirmée » écrivait par exemple L’Economiste) voire de certains bloggeurs (« Heureusement que dans les hautes sphères marocaines on compte encore des gens qui ont le sens de l’honneur. Mme Livni a été officiellement invitée à la 2e édition (…)Et quand on invite quelqu’un même s’il agit d’un ennemi on assure, on l’accueillant comme il se doit. A ce niveau, ça a été presque parfait. L’hôte exceptionnelle des MEDays (…), arrivée tard jeudi à Tanger, a non seulement participé aux journées de travail jusqu’au bout mais elle a pu effectuer une virée à Casablanca le vendredi soir et aussi à Marrakech le lendemain« ), elle a décidé d’annuler un déplacement au Royaume-Uni, suite à une plainte déposée pour crimes de guerre, ayant abouti sur un mandat d’arrêt émis par un tribunal britannique (cependant annulé par le même tribunal en apprenant que Tzipi Livni avait renoncé à pénétrer le territoire britannique). C’est sur le fondement du principe de compétence universelle, applicable aux violations graves des Conventions de Genève de 1949 (par le biais des articles 49, 50, 129 et146 communs aux quatre conventions), que Tzipi Livni a pu faire l’objet d’un mandat d’arrêt au Royaume-Uni pour des crimes commis en Palestine occupée. Le gouvernement israëlien ne fait pas preuve d’un grand sens de l’humour:

Israel rejects attempts to exploit British courts against MK Tzipi Livni

15 Dec 2009

Britain should fulfill its promises to stop anti-Israel exploitation of the British courts.

(Communicated by the MFA Spokesperson)

Israel rejects the cynical legal move made in the British court against the Head of the Opposition, MK Tzipi Livni, at the behest of radical elements, and wishes to point out that Israel and Britain are both engaged in a common struggle against the forces of international terror. In many parts of the world, British soldiers are fighting to eradicate terrorism.

Israel calls on the British government to fulfill its promises, once and for all, to act in preventing the exploitation of the British legal system by anti-Israel elements against the State of Israel and its citizens.

The absence of immediate, determined action to correct this abuse harms relations between Britain and Israel.

If Israeli leaders cannot visit Britain in proper, dignified fashion, this will, quite naturally, seriously compromise Britain’s ability to play the active role in the Middle East peace process that it desires.

L’intéressée n’a pas, à proprement parler, fait acte de pénitence:

Livni’s office described her as « proud of all her decisions regarding Operation Cast Lead« . It added: « The operation achieved its objectives to protect the citizens of Israel and restore Israel’s deterrence capability. » (The Guardian)

Et pour être tout à fait franc, la violence ne semble pas trop la rebuter: il y a vingt-sept ans, déjà…

The frontrunner to become Israel’s next prime minister, Tzipi Livni, was a Paris agent for Mossad, Israel’s overseas intelligence agency, in the early 1980s when it ran a series of missions to kill Palestinian terrorists in European capitals, according to former colleagues.

They say Livni, now foreign minister, was on active service when Mamoun Meraish, a senior official in the Palestine Liberation Organisation, was shot dead by a Mossad hit squad in Athens on August 21, 1983. She was not directly involved in the killing, in which two young men on a motorcycle drew alongside Meraish’s car and opened fire, but her role in Mossad remains secret. (…)

Livni joined Mossad after leaving the army with the rank of lieutenant and completing a year at law school. From her base in Paris she travelled throughout Europe in pursuit of Arab terrorists.

Tzipi was not an office girl,” said an acquaintance. “She was a clever woman with an IQ of 150. She blended in well in European capitals, working with male agents, most of them ex-commandos, taking out Arab terrorists.”

Livni has never talked about her years with Mossad, but a glimpse of the nature of the work was given by her closest female partner on European assignments. “The risks were tangible,” said Mira Gal, who became head of her ministerial office. “If I made a mistake the result would be arrest and catastrophic political implications for Israel.” (The Times)

Quant à Tzipi Livni et le Maroc, ça donne plutôt ceci (via Entre Nous Marocains):

Rappelez-vous: le think-tank marocain Institut Amadeus, fondé par Brahim Fassi Fihri, 25 ans, fils du ministre des affaires étrangères marocain, Taïeb Fassi Fihri, avait jugé judicieux d’inviter à l’édition 2009 des MEdays Tzipi Livni, ministre des affaires étrangères du gouvernement d’Ehud Olmert qui avait massacré plus de deux mille Palestiniens à Gaza il y a un an, en décembre-janvier 2008/2009, et entretemps passé dans l’opposition. Tzipi Livni, juriste de formation, est une ancienne agente du Mossad mêlée à l’opération Mivtza Za’am Ha’el consistant en l’assassinat de militants palestiniens en Europe. Ayant fait carrière politique au Likud depuis 1996, elle rejoint le parti Kadima créé par Ariel Sharon.

Initialement,les responsables de l’Institut Amadeusprès avaient piteusement tenté de nier la venue de Tzipi Livni,

A la veille de la visite de la présidente du parti crée par Ariel Sharon, coup de théâtre de la part des organisateurs qui affirment que Tzipi Livni n’a jamais figuré sur les listes des invités du Forum Nord Sud MEdays. Contacté par le journal arabophone Almassae, Ibrahim Fassi Fihri a confirmé que le nom de l’ex ministre sioniste n’a jamais figuré parmi les invités à ce forum. Cela n’a pas empêché la continuation de la mobilisation dans le camp des militants pro-palestiniens. Au jour J Tzipi Livni était bel et bien présente à Tanger… (Le Journal de Tanger)

Voilà quelques faits bruts qui suffisent à mesurer un peu la sagacité de Mekki Lahlou, vice-président de l’Institut Amadeus:

« Nous invitons des gens de tous bords pour des échanges constructifs« , a déclaré à l’AFP Mekki Lahlou, vice-président de l’institut Amadeus, un ‘think tank’ marocain organisateur de MEDays 2009, qui ambitionne de devenir « le rendez-vous incontournable des décideurs politiques et économiques de la région EMEA (Europe, Moyen-Orient, Afrique)« . (…) MEDays, dont la première édition a eu lieu en 2008, est « une plateforme pour un dialogue et des échanges informels« , a pour sa part affirmé à l’AFP M. Lahlou, soulignant que des intervenants palestiniens, américains et européens ont également été invités pour, notamment, débattre du Proche-Orient. Mme Livni, a poursuivi M. Lahlou, est le chef de l’opposition israélienne et « s’est clairement prononcée contre la politique menée par (le Premier ministre israélien Benjamin) Netanyahu« .

Le bloggeur Big Brother Maroc avait d’ailleurs relevé l’inanité de la version amadeusienne des positions de Tzipi Livni en matière de colonisation (et encore n’a-t-il pas relevé que Tzipi Livni souhaite interdire l’usage du terme « nakba« ):

« I will advance only an agreement that represents our interests. Maintaining maximum settlers and places that we hold dear such as Jerusalem – not a single refugee will enter, » Livni said. (Haaretz)

Trois avocats marocains, Mes Khalid Soufiani, Abderrahman Benameur et Abderrahim Jamaï, avaient déposé plainte pour crimes de guerre contre Tzipi Livni lors de sa visite au Maroc à l’invitation de l’Institut Amadeus (2). Cette plainte n’a bien évidemment pas abouti, pas plus que celle initiée en son temps contre Amir Peres, le boucher de Qana II, pour des raisons liées bien évidemment à l’absence totale d’indépendance de la justice marocaine vis-à-vis du pouvoir exécutif. Voici ce qu’en dit Me Khalid Soufiani:

Khalid Sefiani, qui préside le Collectif, a qualifié de « jour noir et de honte » la visite au Maroc de l’ex-ministre israélienne.

« Alors qu’elle est recherchée et poursuivie en Europe, cette ‘criminelle de guerre’ foulera le sol marocain« , a-t-il dit. « Les Israéliens veulent imposer un projet sioniste et tentent de se redonner une nouvelle image après avoir commis d’horribles crimes à Gaza« , a-t-il ajouté

Il se trouve que le massacre de la population civile palestinienne à Gaza présente un lien direct avec le Maroc, puisqu’une ressortissante marocaine – Rqia Abou Naja – y a trouvé la mort:

L’ancien bâtonnier Abderrahim Jamaï a appelé les autorités marocaines à « l’arrêter dès son arrivée au Maroc et enquêter avec elle sur les horribles crimes de guerre commis par Israël dans la bande de Gaza« .

« Le droit marocain est compétent pour juger et condamner cette ancienne ministre israélienne car parmi les victimes de Gaza figurent une ressortissante marocaine, Rakia Abou Naja, sa belle-mère ainsi que son époux, un journaliste palestinien lors d’un bombardement israélien« , a-t-il déclaré.

Plusieurs partis marocains, dont le PJD, le PSU et le PADS, avaient manifesté et protesté contre la venue de cette criminelle de guerre au Maroc:

Au cours d’une conférence de presse, l’ancien bâtonnier Abderrahmane Benameur a qualifié cette visite « d’événement dangereux« , « qui cache mal l’intention de normaliser (les relations) avec l’entité sioniste« .

Le député tangérois Mohamed Najib Boulif (PJD) déclarait ne pas s’opposer à la venue de Tzipi Livni en tant qu’Israëlienne, mais en raison de sa politique belliqueuse lors de la guerre contre Gaza de décembre 2008/janvier 2009:

« Nous condamnons fermement la présence de cette ministre sioniste, qui avait adopté des positions très belliqueuses lors de l’opération “Plomb Durci”. Nous n’avons rien contre les Israéliens qui font avancer le processus de paix, mais cette personne n’est pas la bienvenue » (Jeune Afrique)

Un conférencier marocain, Mehdi Lahlou, pressenti pour une intervention sur l’immigration, avait refusé d’honorer sa promesse de participation en raison de la participation de Tzipi Livni:

Par la même occasion, je condamne cette invitation – qui n’avait été évoquée nulle part dans les documents que j’ai reçus des organisateurs depuis le mois de septembre dernier, comme je joins ma voix, naturellement, à tous les militants associatifs et politiques – au Maroc, comme ailleurs dans le monde – qui demandent que cette ministre comme les autres responsables israéliens des crimes perpétrés à Gaza soient traduits devant la Justice pénale internationale

La presse n’est en reste – ici Le Journal de Tanger:

Mais ce que cet événement vient de mettre en évidence de façon qui ne laisse aucun doute c’est que l’Etat d’Israél dispose d’un lobby puissant dans une certaine élite dirigeante marocaine qui défend la normalisation des relations avec l’état qui vient d’être accusé par le rapport de Goldston de crimes de guerre. Comment peut-on permettre à une criminelle de guerre de fouler le sol marocain quand on sait qu’elle est recherchée et poursuivie en Europe ?

Pour les paroles de « paix » ostensiblement espérées par la puissance invitante, on a eu droit à ceci, paroles qui marqueront sans aucun doute l’histoire de ce conflit:

« Il faut comprendre les sentiments de ceux avec qui vous négociez. Dans notre région, chaque pierre raconte une histoire différente, selon que l’on soit israélien ou palestinien », a témoigné la travailliste (Nd’IK: faux, elle est du parti Kadima et fût du Likud auparavant). Favorable à la solution des deux Etats, elle a appelé l’Autorité palestinienne à reprendre la main face au Hamas qui « ne se bat pas pour les Palestiniens, mais contre l’existence d’Israël. » (Jeune Afrique)

Ou encore ceci:

Invitée en tant que chef du parti Kadima et leader de l’opposition en Israël (et non comme ancienne ministre des affaires étrangères d’Israël, ce n’est pas la même chose, selon les organisateurs des MEDays), Tzipi Livni a rejoint les autres intervenants en soulignant que la solution réside dans l’existence de deux Etats souverains. «Nous avons trop souffert des deux côtés et nous avons aujourd’hui besoin que ce conflit cesse. Mais pour y arriver, il faut qu’on ait entre les mains un accord concret et détaillé», a-t-elle indiqué. Pour l’ex-ministre des affaires étrangères israélienne, la menace vient essentiellement des radicaux des deux côtés. « Il est nécessaire de définir d’abord la nature de ce conflit», qui n’est  pas « un problème de religion mais de gestion politique d’un territoire où vivent deux peuples qui s’y identifient », a dit Mme Tzipi Livni qui affirme que l’initiative d’instaurer la paix entre la Palestine et Israël doit être compris comme étant plus un intérêt pour Israël qu’une faveur qu’on lui accorderait. (Le Reporter)

Et enfin ceci:

Au jour J Tzipi Livni était bel et bien présente à Tanger, elle a participé activement aux débats sur le conflit israélo-palestinien en défendant les thèses du gouvernement extrémiste israélien à savoir la nécessité de la poursuite du processus de paix avec l’Autorité palestinienne sans conditions préalables, c’est-à-dire tout en poursuivant la colonisation sauvage en Cisjordanie et à Jerusalem Est. En plus, elle a eu droit à des interview aux chaines de TV marocaines et de la fameuse chaîne Qatari Aljazeera.

Plus encore Tzipi Livni, qui avait éclipsé la présence des autres invités dont Rachida Dati,  ne s’est pas contenté de son voyage à Tanger, mais elle s’est permise selon le même journal Almassae  d’un détour par la ville ocre Marrakech avant d’être l’hôte à Casablanca cette fois-ci d’une réception organisée à son honneur par le Président de la communauté juive du Maroc.  (Mediapart)

Soit dit entre parenthèse: le président – en fait secrétaire général – du Conseil des communautés israélites du Maroc est Serge Berdugo, ancien ministre du tourisme (il n’a pas laissé un souvenir impérissable), leadership contesté au demeurant (notamment sur le plan de la gestion), et a été nommé en 2006 ambassadeur itinérant (du Maroc, faut-il le préciser). Le fils du ministre des affaires étrangères invite la criminelle de guerre Tzipi Livni au Maroc, et un ambassadeur marocain la reçoit chez lui, à la bonne franquette – ne manquant pas au passage de cultiver l’amalgame détestable entre communauté juive et sionisme – le tout dans le silence le plus parfait des médias officiels. Bravo les artistes!

Difficile de parler de ce forum dédié à la normalisation des relations israëlo-marocaines sans évoquer notre presse officieuse – voici donc comment Le Matin du Sahara rend compte de l’intervention de Fassi Fihri Sr, père de son fils, qui évoquait la question palestinienne avec l’inflexibilité qui le caractérise, se permettant des déclarations d’une violence symbolique frisant – j’aime autant vous livrer le fond de ma pensée – l’anti-sionisme:

Ouvrant le bal des interventions, Taieb Fassi Fihri, ministre des Affaires étrangères n’y est pas allé de main morte pour dire la réalité des choses sans fioritures. «J’appelle le gouvernement israélien à cesser de penser qu’il est le seul à mener la région», a-t-il lancé sur un ton ferme. (…) Fassi Fihri n’a pas mâché ses mots à ce propos en disant que «la nouvelle administration israélienne n’est pas désireuse de paix» (…)

Des réponses, il en existe. Invité en tant que chef du parti Kadima et leader de l’opposition en Israël, Tzipi Livni a rejoint les autres intervenants en soulignant que la solution réside dans l’existence de deux Etats souverains. «Nous avons trop souffert des deux côtés et nous avons aujourd’hui besoin que ce conflit cesse. Mais pour y arriver, il faut qu’on ait entre les mains un accord concret et détaillé», a-t-elle indiqué. Pour l’ex-ministre des Affaires étrangères, la menace vient essentiellement des radicaux des deux côtés. Les intervenants à cette séance du vendredi ont, tous, salué le rôle que le Maroc a joué et continue de jouer pour soutenir le processus de paix. Ces Medays, organisés par l’Institut Amadeus, représentent une occasion pour relancer le débat autour des nouvelles pistes de sortie de crise.

La réalité est bien évidemment que la normalisation entre le Maroc et Israël est simplement à la recherche d’un prétexte pour s’officialiser, sur demande des Israëliens et des Etats-Unis d’Obama – et cette venue de Tzipi Livni doit être considérée comme un de ces signes supplémentaires de bonne volonté du régime marocain, signe dont l’accumulation sert également sur le plan interne à sonder les réactions populaires et préparer l’opinion à une normalisation toute naturelle si on relève les innombrables signes de bonne volonté du Maroc officiel vis-à-vis d’Israël: le ministre de la défense israëlien d’origine marocaine Amir Perez reçu par le Roi en 2006, rencontres officielles entre ministres marocain et israëlien des affaires étrangères (tiens, déjà Tzipi Livni), rupture avec l’Iran et fermeture de l’ambassade marocaine au Venézuela peu après la rupture des relations diplomatiques entre ce pays et Israël, soutien de la MAP à la hasbara israëlienne, coopération au niveau local entre municipalités israëliennes et marocaines, contrats militaires avec Israël (dont apparemment un lié à la récente acquisition d’avions de combat étatsuniens F16), participation au projet Aladin, décorations royales octroyées à des militants sionistes étatsuniens, présence de l’attaché militaire marocain lors des adieux de l’attaché militaire israëlien à Washington, répression de manifestations populaires de soutien à la Palestine (celle de Gaza, ici, ou celle venue en soutien à l’ingénieur Mohamed Benzian, licencié par SOFREMCO Maroc pour avoir refusé une formation assurée par une société israëlienne), et j’en passe – on voit mal ce que le Maroc pourrait faire de plus, à moins de criminaliser l’anti-sionisme (et je regrette déjà de donner une idée à nos dirigeants)…

Tel Quel, guère suspect de fanatisme pro-palestinien, l’a relevé:

Les responsables de l’Institut Amadeus, organisateur de ce forum méditerranéen, ne pouvaient rêver meilleure publicité. Brahim Fassi Fihri, fils du ministre des Affaires étrangères, et ses deux acolytes, Mekki Lahlou et Younès Slaoui, semblent, de fait, à l’aise entre les agents du Mossad et les personnalités de haut rang qui ont envahi, du 19 au 21 novembre, l’hôtel Mövenpick sur le cap de Malabata, réquisitionné pour cette grand-messe. Ce qui n’est qu’une énième poignée de main, entre des dirigeants israélien et palestinien, représente tout de même une réussite pour ce think tank, créé il y a moins de 18 mois. Et tant pis pour ceux qui crient à la trahison. En élargissant le champ, on prend la mesure d’un événement qui échappe aux trois mousquetaires fraîchement diplômés dans leurs costumes bien taillés. La main de Rabat ne saurait être étrangère au déroulé de ces rencontres qui augurent d’une évolution des relations diplomatiques avec Israël. (…)

Ce rapprochement de l’initiative, officiellement privée, de l’Institut Amadeus et de la diplomatie du royaume, les organisateurs eux-mêmes ne la réfutent pas. “Le Maroc a développé une politique de la main tendue pour débloquer le conflit israélo-palestinien et MEDays va dans ce sens”, arguent-ils, en substance, face aux critiques. Amadeus, think tank “indépendant” donc, comme tient à le préciser la MAP, s’est rallié à la position officielle. “Cette invitation s’est faite en accord avec la délégation palestinienne présente. Les deux parties étaient demandeuses d’une rencontre dans un pays arabe”, affirme Younès Slaoui, vice-président de l’Institut. “Cette posture d’écoute des Palestiniens est une constante dans la gestion par Rabat de son rôle de négociateur dans le conflit au Moyen-Orient”, commente un fin connaisseur de ce dossier.

Certains parlent de diplomatie parallèle, d’autres de diplomatie héréditaire. Ce sera d’autant plus flagrant que la Déclaration de Tanger, document final lu en clôture par Brahim Fassi Fihri, prônant la coexistence de “deux Etats souverains” avec “un État palestinien ayant pour capitale Jérusalem-Est”, ainsi qu’“un retour aux frontières de 1967 et l’arrêt immédiat des colonisations”, fera écho au discours prononcé, lors de l’ouverture du forum, par son père, chef de la diplomatie de son état, reprenant la solution défendue par la nouvelle feuille de route américaine. Au cours de cette cérémonie, les organisateurs avaient attribué le Grand prix MEDays à George Mitchell, envoyé spécial du président Obama au Proche-Orient, et le Prix de l’environnement au roi Mohammed VI. Le ton était donné…

Inutile d’en rajouter – même le très docile Jeune Afrique relève que ce séminaire est un instrument au service du ministère marocain des affaires étrangères:

Cette manifestation devrait continuer à monter en puissance dans les années à venir, avec comme ambition de devenir un « Davos du Sud ». Elle est, en tout cas, soutenue par les autorités, par les grandes entreprises du royaume et des partenaires internationaux comme l’Espagne. Sa deuxième édition peut déjà être considérée comme un succès, et a permis au Maroc de continuer à donner une image positive de sa diplomatie. (Jeune Afrique

Les réactions de sites sionistes furent enthousiastes:

Scoop JSS: Une ovation marocaine pour Tzipi Livni
Rédigé par JSS le Nov 20th, 2009 and filed under Scoop JSS.

Tzipi Livni au Maroc. Elle n'a pas vraiment l'air effrayé comme l'annonce pourtant Al Manar!

Tzipi Livni au Maroc. Elle n’a pas vraiment l’air effrayée comme l’annonce pourtant Al Manar! 

L’heure semble plus que jamais être au rapprochement israélo-marocain. Depuis plusieurs mois, le régime de Mohamed VI semble l’avoir compris et fait, petit à petit, passer le message aux Marocains. Officieusement, tout est très clair: Israël et le Maroc qui ont des relations diplomatiques très engagées depuis longtemps se rapprochent petit à petit d’un accord de paix final. C’est en tout cas ce que laisse penser la visite de l’ancienne ministre israélienne des affaires étrangères à Tanger. 

Invitée par un “think tank” local, elle a été ovationnée par la salle. Tous ont salué ses méthodes et son courage. Du côté des médias islamistes, de la mauvaise propagande en sort. Elle aurait été, selon la chaine du Hezbollah (Al Manar), insultée et traitée de “sale sioniste”. Complètement faux selon les dires de plusieurs journalistes marocains avec qui le site JSSNews est en contact permanent. 

Il y avait bien une poignée d’islamiste qui criait “Livni, assassin, on ne peut pas du mossad au Maroc” mais que sont 50 islamistes par rapport à 700 personnes venus l’acclamer? 

Le rassemblement organisé par l’Institut Amadeus à bien entendu été autorisé par le pouvoir en place ce qui signifie clairement le soutien du Roi à la visite de Livni. Un important dispositif de sécurité à été mis en place par les Marocains et… Il est certains que les hommes du Shabak étaient aussi présent pour sécuriser et superviser l’endroit. Le tout, avec la bénédiction de Mohamed VI. Plus le temps passe, plus le souverain devient serein et ses décisions s’avèrent de plus en plus judicieuses. (…) Aujourd’hui, une question se pose: puisque le Maroc veut jouer un rôle plus important à Jérusalem (le Maroc souhaite pouvoir s’occuper de nouveau de la rénovation des lieux saints musulmans à Jérusalem), il est temps pour Sa Majesté d’officialisé son amitié envers Israël…

Pour en revenir au mandat d’arrêt émis contre Tzipi Livni au Royaume-Uni: voilà la différence entre les deux cas de figure, le britannique et le marocain – une justice indépendante et compétente, adossée à un état démocratique où le gouvernement en place ne dicte pas leur conduite aux magistrats – car en l’occurence, le gouvernement britannique, totalement aligné sur Israël bien évidemment, goûte fort peu la plaisanterie:

However, the issue of the warrant – almost certainly for alleged war crimes in connection with Ms Livni’s role as Israeli foreign minister – has caused intense irritation in the Foreign and Commonwealth Office, amid concerns Israeli politicians are finding it increasingly hard to visit the UK.

The FCO last night issued a statement saying: “The UK is determined to do all it can to promote peace in the Middle East and to be a strategic partner of Israel. To do this, Israel’s leaders need to be able to come to the UK for talks with the British Government. We are looking urgently at the implications of this case.” (Financial Times)

Et effectivement, le Royaume-Uni – qui songe sans doute, comme l’a relevé l’excellent Ayman Mohiedin d’Al Jazeera Inernational, au sort de ses propres dirigeants et militaires en raison des guerres menées par son gouvernement en Irak et en Afghanistan – va probablement, selon la BBC, emboîter le pas à la Belgique et l’Espagne et modifier sa procédure pénale en matière de crimes internationaux afin de réserver l’exercice de la compétence universelle à l’encontre des seuls criminels de guerre nègres, slaves et autres bougnoules.

Le mot de la fin appartient sans aucun doute à l’ex-ministre des affaires étrangères et actuel vice-premier ministre israëlo-tunisien Silvan Shalom, qui s’est écrié « nous sommes tous des Tzipi Livni« . Tout à fait d’accord avec toi, Silvan, vous êtes tous des Tzipi Livni (3).

(1) Selon Haaretz:

Livni’s office also said that the opposition leader was proud of all the decisions she made as foreign minister during the Gaza war, an operation which she said achieved its goal of bring security to Israel.

(2) Cette visite semble avoir été ardemment souhaitée à Rabat, et ce, depuis 2008:

Il faut dire que l’actuelle ministre des Affaires étrangères israélienne ad-interim* qui a été élue le 17 septembre 2008 à la tête du parti centriste Kadima avec 43,1 % des suffrages exprimés contre 42 % pour Shaul Mofaz (qui suite à ce cuisant échec a déclaré prendre sa retraite politique) fascine autant qu’elle inquiète dans certains milieux marocains. Elle fascine par ce qu’actuellement le Maroc vit un véritable âge d’or de la gent féminine et une femme leader d’un parti politique qui se surcroit pourrait être la deuxième femme à diriger un gouvernement israélien après Golda Meir, à la fin des années 1960, ne peut que fasciner certains Marocains, du moins les modernistes et féministes d’entre eux.

(3) La dernière fois que Silvan Shalom, juif tunisien devenu homme politique israëlien, s’était rendu au Maroc en tant que ministre des affaires étrangères du gouvernement d’Ariel Sharon – Silvan apprécie les criminels de guerre, il faut croire – un Marocain en avait payé le prix une semaine après: Albert Rebibo, paisible commercant de Derb Koréa à Casablanca, assassiné le 11 septembre 2003 par deux terroristes islamistes.

A ne pas rater: Shlomo Sand à Casablanca ce jeudi 9 juillet

comment le peuple juif fût inventé

Reçu du Carrefour des Livres, la célèbre librairie du Maarif à Casa:

Rencontre avec….
Shlomo SAND
Autour de son livre :
Comment le peuple juif fut inventé
Editions Fayard

Modérateur: Jean-Paul Chagnollaud
Directeur de la revue Confluence Méditerranée

le jeudi 9 juillet 2009
à 19 h
Au Carrefour des Livres
Angle rues des Landes et Vignemale – Maârif – Tél : 05-22-98-24-30

Défense absolue de manquer cela – et pourvu qu’on échappe aux questions débiles de connards confondant juif et sioniste!

Pour les wydadis et les fans de Michael Jackson (mes excuses à ces derniers pour la comparaison), je précise que Shlomo Sand est un historien israëlien post- ou a-sioniste, auteur de « Comment le peuple juif fut inventé« , dont voici un extrait:

Cette conception historique constitue la base de la politique identitaire de l’Etat d’Israël, et c’est bien là que le bât blesse ! Elle donne en effet lieu à une définition essentialiste et ethnocentriste du judaïsme, alimentant une ségrégation qui maintient à l’écart les Juifs des non-Juifs — Arabes comme immigrants russes ou travailleurs immigrés.

Israël, soixante ans après sa fondation, refuse de se concevoir comme une république existant pour ses citoyens. Près d’un quart d’entre eux ne sont pas considérés comme des Juifs et, selon l’esprit de ses lois, cet Etat n’est pas le leur. En revanche, Israël se présente toujours comme l’Etat des Juifs du monde entier, même s’il ne s’agit plus de réfugiés persécutés, mais de citoyens de plein droit vivant en pleine égalité dans les pays où ils résident. Autrement dit, une ethnocratie sans frontières justifie la sévère discrimination qu’elle pratique à l’encontre d’une partie de ses citoyens en invoquant le mythe de la nation éternelle, reconstituée pour se rassembler sur la « terre de ses ancêtres ».

Voir aussi:
– Shlomo Sand invité sur « Là-bas si j’y suis », la mythique émission radio de Daniel Mermet;
– sur youtube une extraordinaire prestation de Shlomo Sand face au conseiller franco-israëlien de Netanyahu, Meyer Habib;
le CV de Shlomo Sand;
– un entretien de Télérama avec Shlomo Sand;
– « Israeli best seller breaks national taboo – Israeli academic and historian says Jewish Nation myth« ;
interview de Shlomo Sand dans L’Express (hat-tip: 7didane)

ADDENDUM: Shlomo Sand a déjà donné une conférence le 7 juillet à la Fondation Al Saoud à Casa.

Quand un ancien espion anglais parle de « la résistance palestinienne », les dirigeants arabes parlent tunnels

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Dans ce drôle de monde de janvier 2009, un ancien du MI6, Alastair Cooke, parle sur Al Jazeera English de la « résistance palestinienne« , un mot que peu de dirigeants arabes prononcent.

Alastair Cooke, de Conflicts Forum: « One has to look why the tunnels exist, there was a blockade. What the Europeans are saying looks worryingly like tightening the blockade. They look like re-launching Abou Mazen rather than dealing with reality ».

Dan Schueftan, professeur de cette matière de charlatans qu’est la stratégie et ancien conseiller de Rabin et Sharon (petit clin d’oeil à tous ceux qui croient qu’ily a vraiment une différence fondamentale entre Rabin et Sharon, Barak et Netanyahu, Peres et Olmert), qui fait dans du sionisme de comptoir: « If you arm the police, you don’t have to arm murderers and rapists. We are talking about a barbaric organisation, based on the Protocols of the Sages of Zion. But I agree that Israel has been rewarded, everybody else in the world have come to Charm el Cheikh, even the Arab world in its majority. The legitimate government of Palestine is Abou Mazen« .

Abdelbari Atwan, fondateur d’Al Qods al Arabi, un des rares quotidiens panarabes à ne pas être inféodé à l’Arabie séoudite: « I am shocked by this propaganda. Who is terrorising the population in Gaza? It seems the israeli and some part of the international community, the Europeans, still believe in a military solution to the conflict. We have to see who is blocking the peace process, who resists full implementation of international law. To deprive Hamas from the right of arming itself is allowing Israel to come back and massacre again« .

Dans un reportage, Ziad el Absi, habitant de Rafah, qui a perdu trois fils, et a quatre filles blessées, raconte comment le Palestinien qu’il est ne peut se rendre dans le pays frère voisin, où sa femme est hospitalisée, dans le coma suite aux blessures infligées lors du bombardement israëlien ayant dévasté sa maison. Il parcourt quelques débris à la recherche de souvenirs de ses fils, en vain. Il a perdu ses trois possessions les plus précieuses. Il est effondré à l’idée de ne même plus avoir de photos de ses fils, toute sa maison étant détruite.

Miss Khamas passe quelques secondes après pour dire comment le Hamas est responsable de toutes les morts civiles. Ella oublié l’Iran et Hugo Chavez (contrairement à son compatriote Dan Schueftan, qui a parfaitement retenu la checklist des mots et noms indispensables au bon propagandiste (pro-)israëlien).

Nationale Sozialisten für Israel

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La réalité dépasse toujours la fiction, et dans la lignée de mes précédents post sur le soutien de l’extrême-droite belge et scandinave à Israël je me suis rappelé, à la lecture d’un commentaire, d’une info que j’avais lue l’année dernière, sur la création d’un site allemande de nazis pour Israël (« Nationale Sozialisten für Israel« ). Certains ont cru – comme on les comprend – à un canular, mais les textes et illustrations postés sur le site semblent authentiques. Pour être honnête, l’ambassade israëlienne à Berlin n’a pas vraiment apprécié:

Ilan Mor of the Israeli Embassy in Berlin was appalled to learn of the story.

« We can handle our enemies just fine, but God save us from friends like these, » he said, calling the group « absolutely preposterous. »

On peut se demander si c’est si étonnant que ça: il y a bien eu des homosexuels homophobes, des femmes misogynes, des noirs et des arabes lepénistes, et des Palestiniens sionistes. S’agissant de nazis et d’Israël, il faut préciser qu’avant la réalisation du génocide juif, les autorités nazies avaient conclu un accord, dit accord de transfert (« transfer agreement » – voir le site du livre que lui a consacré Edwin Black – les trois premiers chapitres sont en ligne) avec les autorités sionistes de Palestine – représentées par l’Agence juive – consistant dans le « transfert » de juifs allemands en Palestine contre la cessation de la campagne de boycott anti-allemande initiée par les organisations juives de par le monde peu après l’élection de Hitler- environ 50.000 juifs allemands émigrèrent en Palestine sous le couvert de cet accord, qui prit fin en 1938. L’émigration de juifs allemands vers la Palestine était alors considérée comme une solution au prétendu « problème juif« . Paradoxalement, c’est l’architecte de la solution finale, Reinhard Heydrich, qui fût l’artisan de cet accord de transfert du côté nazi, quelques années avant de planifier et mettre en oeuvre le génocide (1).

Plus loin encore dans l’absurde, il s’avère qu’Israël a de sérieux problèmes avec des néo-nazis israëliens, presque tous issus de l’immigration russe – nombre des immigrés russes, juifs au sens légal – israëlien – du terme, ne le sont pas au sens sociologique, assimilation soviétique/russe aidant. Citoyens israëliens cependant, il a été évoqué la possibilité de leur retirer leur citoyenneté israëlienne, obtenue sous le couvert de la loi du retour, et de les expulser.

Dans le même ordre d’idées, la guerre contre Gaza a intensifié les efforts du parti d’extrême-droite britannique British National Party de se débarasser de son lourd passé antisémite, en faisant bien sûr de la surenchère sur la défense d’Israël et des actions militaires menées à Gaza, comme le révèle Max Blumenthal, qui souligne par ailleurs que si la communauté juive britannique a pris ses distances, l’ambassade d’Israël garde le silence sur cet embarassant soutien.

Le cas du British National Party est en effet assez exemplaire. Son leader, Nick Griffin, défendait publiquement des thèses négationnistes au sujet du génocide juif. Au lendemain de la guerre contre Gaza, s’il semble se laver les mains de la guerre dans un bout de désert, comme il l’écrit, c’est pour conclure que la surive d’Israël (comme si cette survie était menacée) est dans l’intérêt national de la Grende-Bretagne: « Thus while we would oppose any move to entangle Britain in war on behalf of Israel, it is in our clear national interest that it should survive« .

Il a explicitement assumé sa conversion, et les raison qui l’y ont amené:

« It stands to reason that adopting an ‘Islamophobic’ position that appeals to large numbers of ordinary people – including un-nudged journalists – is going to produce on average much better media coverage than siding with Iran and banging on about ‘Jewish power’, which is guaranteed to raise hackles of virtually every single journalist in the western world. »

Pour être honnête, les pro-palestiniens ont également quelques poux antisémites dans leurs cheveux – on peut penser à Jean-Marie Le Pen, Alain Soral et Dieudonné. Les options du Front National sont assez pragmatiques: le 24 décembre, le Front National « condamne l’agression militaire d’Israël contre le gigantesque camp de concentration qu’est devenu Gaza« ; le 12 janvier, le ton est légèrement différent:

« la manifestation pro-Hamas de Perpignan, soutenue et encadrée par la gauche, les Verts, les communistes et l’extrême-gauche a dégénéré. Le saccage et le pillage de nombreux commerces et l’agression de nombreux clients de ceux-ci démontrent une nouvelle fois que l’exploitation par la gauche radicale et certaines associations communautaristes du conflit israélo-palestinien, conduit à des violences et des menaces dangereuses pour la paix civile »

Le même jour, ces belles paroles:

lundi 12 janvier 2009
Ne pas importer le conflit ?

Communiqué de presse de Jean-Marie LE PEN

« Il ne faut pas laisser importer en France les conflits du Proche-Orient », disent, en une touchante unanimité, de nombreux responsables politiques et gouvernementaux.

Mais il fallait commencer par ne pas importer des millions d’immigrés qui par leur culture et leur religion se sentent solidaires du Hamas, quoi que l’on pense par ailleurs de ce qui se passe à Gaza.

Ce qui est en cause n’est pas l’importation d’un conflit, mais l’importation de populations non assimilables, qui restent étrangères, voire hostiles à la France, comme les manifestations de samedi l’ont rudement montré.

Au lieu de se payer de mots, il faudrait d’abord arrêter cette importation et renverser le flux de l’immigration, qui continue de déferler sur notre sol.

Je disais avant, du temps où Le Pen et Mégret cohabitaient au sein du Front National, que le Front était traversé de deux puissants courants de pensée: ceux qui détestent les juifs plus que les arabes et ceux qui détestent les arabes plus que les juifs. On voit comment, entre le 24 décembre et le 12 janvier, le Front National réussit à faire la synthèse.

(1) Méfiez-vous de ce que vous trouverez via Google sur ce sujet – 90% des liens vont vers des sites négationnistes ou nazis…

Quand l’extrême-droite scandinave soutient Israël

Les personnes les plus fermées aux choses de l’esprit n’ignorent pas les racines historiques et idéologiques de l’extrême-droite européenne. Les dix dernières années offrent cependant le spectacle intéressant d’une profonde évolution: l’antisémitisme s’est mué en sionisme, ou du moins en soutien affirmé à Israël. Cette évolution n’est pas forcément inconnue dans les annales, même si elle s’est parfois faite en sens contraire (voir l’ouvrage de Lenni Brenner, « Zionism in the Age of Dictators« , accessible en version intégrale ici). J’en ai déjà parlé: en Belgique, le Vlaams Belang, successeur du Vlaams Blok créé par un ancien SS flamand, se proclame meilleur allié d’Israël en Belgique. En Italie, le post-fasciste Gianfranco Fini s’est rendu à Yad Vashem, le maire post-fasciste de Rome Gianni Alemanno – de même en Roumanie et au Royaume-Uni.

Nul besoin de PhD en political science pour en comprendre les raisons: l’antisémitisme est désormais très minoritaire dans la grande majorité des pays d’Europe – occidentale du moins. Passez pour antisémite et une mort politique est généralement inévitable (il y a des exceptions, comme Le Pen en France et Haider en Autriche, mais là aussi des tendances se manifestent pour se débarasser des remugles antisémites, et atteindre des nouvelles catégories d’électeurs, rétifs à l’idéologie réactionnaire de l’extrême-droite et son traditionalisme en matière de misogynie, d’homophobie et d’antisémitisme, mais sensibles à des mots d’ordre islamophobes et/ou xénophobes). La xénophobie en général, et l’islamophobie en particulier

La récente guerre israëlienne contre Gaza confirme cette tendance, déjà relevée par d’autres observateurs (voir par exemple l’intéressante étude « Learning to love the Jews: the impact of the War on Terror and the counter-jihad blogosphere on European far right parties » de Toby Archer sur le rapprochement entre bloggeurs islamophobes et pro-israëliens d’une part, et extrême-droite d’autre part): la nouvelle extrême-droite européenne est représentée par des quadras mangeant du suhi, buvant du Sancerre et ayant, comme le vice-président du parti xénophobe suédois Sverigedemokraterna (les Démocrates de Suède) Tony Wiklander, une fille adoptive d’origine indienne ou, comme feu Pim Fortuyn, des moeurs homosexuelles affichées.

Cette démarche, consciente chez ces dirigeants en recherche d’une respectabilité – l’antisémitisme la rend impossiblie, alors que la simple islamophobie n’est pas un obstacle – les amène à montrer patte blanche de la manière la plus efficace qui soit: se montrer pro-israëlien (même Le Pen s’y est essayé, mais chez lui, le naturel a repris le dessus). En Norvège, en Suède et au Danemark, cela s’est vérifié avec la récente guerre d’agression israëlienne contre Gaza.

En Norvège, le parti xénophobe Fremskrittspartiet (Parti du progrès, 22,1% des voix et 38 sièges sur 169 au Storting aux élections de 2005, ce qui en fait le deuxième parti de Norvège), a ainsi voulu manifester, par le biais de sa présidente Siv Jensen, aux côtés des partisans d’Israël à Oslo, mais a dû y renoncer par peur des violences supposées des contre-manifestants – mais on peut également penser que les organisateurs de la manifestation ne souhaitaient pas d’un appui si encombrant alors que l’opinion norvégienne s’est mobilisée comme aucune autre opinion publique européenne, galvanisée par les témoignages des deux chirurgiens norvégiens à Gaza, Mads Gilbert et Erik Fosse (un politologue estime d’ailleurs que Fremskrittspartiet perdra des voix en raison de ce soutien affirmé à Israël).

Au Danemark, le Dansk Folkeparti (Parti populaire danois qui fait 13,8% des voix aux législatives de 2007 et 25 sièges sur 179 au Folketing) parti xénophobe qui fait partie de la majorité parlementaire – mais sans sièger au gouvernement d’Anders Fogh Rasmussen – depuis 2001, a ainsi déclaré, par son député Søren Espersen, qu »Israël a le droit de résister, que Hamas est un groupe terroriste, et que l’armée israëlienne n’a pas réagi de manière disproportionnée« .

En Suède, les Sverigedemokraterna (les Démocrates de Suède, 2,9% aux législatives de 2006, aucun siège au Riksdag – une courte présentation en français est disponible sur leur site) sont également depuis quelques années officiellement et fermement pro-israëliens (du moins aux échelons supérieurs du parti – le secrétaire du parti, Björn Söder, s’affirme ouvertement ami d’Israël sur son blog), une évolution qui a contraint le leadership du parti à se débarasser de membres fondateurs qui ont eu du mal à suivre ce rythme évolutif, principalement mû par des considérations électorales. Leurs leaders semblent ne pas avoir digéré le buffet de Noël, même si leur prise de position ne fait aucun doute – les Sverigedemokraterna avaient soutenu sans état d’âme la guerre d’Israël au Liban de 2006 et célébré les 60 années d’Israël en 1948. Leur revue de presse note l’affirmation d’un professeur israëlien selon laquelle la Suède serait hostile à Israël – les commentaires partagent majoritairement ce constat pour le déplorer. Dans son dernier billet sur son blog, le président du parti, Jimmie Åkesson, s’inquiète des 30 suédo-palestiniens rapatriés de Gaza – qui paie leur retour, ont-ils vécu d’aides sociales suédoises à Gaza, comment ont-ils obtenu la nationalité suédoise, si ce sont des réfugiés comment ont-ils pu alors retourner à Gaza, etc…

Des Sverigedemokrater parmi les partisans d'Israël

Des Sverigedemokrater parmi les partisans d'Israël


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L’artisan de cet effort de rapprochement notable – historiquement, la très marginale extrême-droite suédoise a toujours été sous l’emprise du nazisme, contrairement à d’autres pays européens qui ont connu une extrême-droite moins marquée idéologiquement (comme la Norvège et le Danemark, par exemple) – n’est autre que le lauréat du prix Herzl 2006, Ted Ekeroth (son blog est ici), prix qui lui a été décerné par la World Zionist Organisation – elle a toutefois regretté son geste lorsque son affiliation politique a été rendue publique. Il a créé une association pro-israëlienne, FIDIM (För Israel och Demokrati i Mellanöstern – Pour la Paix est la Démocratie au Moyen-Orient – leur site est ici).

Les extrêmes se rencontrent.

Killing Arabs is also a spectator sport

On se rappelle des images de jeunes filles israëliennes inscrivant dessins et messages sur les missiles destinés au Liban en 2006:

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On a désormais les spectateurs israëliens de la guerre de Gaza, qui observent, du haut des collines israëliennes surplombant la ville martyre, le spectacle divertissant de civils se faisant bombarder, et commentant ce qui est une guerre, avec son cortège de crimes, comme un match de foot. Même le Wall Street Journal, pourtant guère sensible à une introversion critique excessive s’agissant d’Israël, s’en fait l’écho dans un article récent:

Moti Danino sat Monday in a canvas lawn chair on a sandy hilltop on Gaza’s border, peering through a pair of binoculars at distant plumes of smoke rising from the besieged territory.

An unemployed factory worker, he comes here each morning to watch Israel’s assault on Hamas from what has become the war’s peanut gallery — a string of dusty hilltops close to the border that offer panoramic views across northern Gaza.

He is one of dozens of Israelis who have arrived from all over Israel, some with sack lunches and portable radios tuned to the latest reports of the battle raging in front of them. Some, like Mr. Danino, are here to egg on friends and family members in the fight.

Moti Denino and other residents of Sderot in Israel call themselves the « hill people », watching attacks unfold between Israel and Gaza from a hillside. WSJ’s Sivan Raviv reports.

Others have made the trek, they say, to witness firsthand a military operation — so far, widely popular inside Israel — against Hamas, the militant group that controls the Gaza Strip.

Over the weekend, four teenagers sat on a hill near Mr. Danino’s, oohing and aahing at the airstrikes. Nadav Zebari, who studies Torah in Jerusalem, was eating a cheese sandwich and sipping a Diet Coke.

« I’ve never watched a war before, » he said. A group of police officers nearby took turns snapping pictures of one another with smoking Gaza as a backdrop. « I want to feel a part of the war, » one said, before correcting himself with the official government designation for the assault. « I mean operation. It’s not a war. » (…)

Mr. Danino has a personal link to the fighting. His 20-year-old son, Moshe, is a soldier in an infantry unit fighting somewhere below his hilly perch. From the sidelines, he is here to root for his son the soldier, he says, just as he once sat on the sidelines of soccer fields cheering for his son the high-school athlete.

Jocelyn Znaty, a stout 60-year-old nurse for Magen David Adom, the Israeli counterpart of the Red Cross, can hardly contain her glee at the site of exploding mortars below in Gaza.

« Look at that, » she shouts, clapping her hands as four artillery rounds pound the territory in quick succession. « Bravo! Bravo! » (…)

« It’s weird that we have to take lives in order to save lives, » Ms. Znaty says. « But we were held hostage by Hamas while our government ignored us, and now we fight back. I am sorry, but I am happy. » (…)

Many Israelis see the Gaza offensive as a welcome change. « I come here because our army is finally doing something, showing the world that we are not weak, » says Mr. Danino, the unemployed factory worker. On his hilltop overlooking Gaza, Mr. Danino has taken to quarterbacking the assault from his folding chair.

Having sat here for much of the past week, he now fancies himself something of an expert. He says, for example, that Palestinian militants are fond of firing rockets from the cover of a distant block of greenhouses.

When a plume of smoke — the result of an Israeli attack — rose from what appears to be empty farmland Monday, Mr. Danino shook his head. « No, no, no, » he said. « We should be hitting the greenhouses. »

Ne croyez pas qu’il s’agit là d’un cas isolé – voici par exemple, dans un magazine MSM (Time), d’autres cas:

Below the choppers, a dozen Israeli spectators perched on a hilltop watched with anticipation. A minute went by and the first Apache fired a Hellfire missile, which went rumbling into the Palestinian side of the border. A few seconds later the crowd broke into cheers at the resulting sight: somewhere between the Jibalya refugee camp and the outskirts of Gaza city a ball of heavy black smoke was rising. (…)

Itay Avni, 32, who lives in the nearby Kibbutz of Nir-Am (population 400) is overjoyed at the Israeli assault on Gaza. He was among the crowd watching the Apaches launch their missiles. « Yesterday more then a hundred people from all around were here on this hilltop enjoying to the scene of dozens of aerial raids on Hamas military targets inside the Gaza strip, » he says. « If I had opened an ice-cream stand here I would have made a lot money. » He adds, « Exultation is the word to describe my feelings. At last, after eight years of defense alerts and hundreds of mortar shells, of Qassam rockets fired at our kibbutz and the area, there is finally some retaliation. People are here to see it happening for real. »

Vous je ne sais pas, mais moi ça me fait penser à ces visages hilares assistant, dans le Deep South étatsunien, à des lynchages, ou dans la France de la Libération, au spectacle de femmes tondues. Ceux qui étaient choqués par le spectacle largement diffusé de trois pelés et deux tondus palestiniens se réjouissant au lendemain du 11 septembre 2001, le sont-ils également aujourd’hui, où le spectacle de ces morts-là est-il légitime, lui?

Rétroactes:
– « Le calvaire insupportable des civils israëliens de Sdérot »
– « Atrocity exhibition« 

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